Nouvelles normes d’isolation : des experts craignent que certains murs pourrissent

mur pourri apchqLes maisons neuves et agrandissements devront être aussi bien isolés — mais pas aussi étanches que les maisons Novoclimat

Attendues depuis les années 1990, et promises pour 2008 par le premier ministre Jean Charest, les nouvelles exigences en matière d’efficacité énergétique réduisant d’au moins 22 % le coût de chauffage des maisons neuves devraient finalement entrer en vigueur l’été prochain. La cote ÉnerGuide minimale d’une maison de jusqu’à trois étages et 600 m2 (6 456 pi2) habitables passerait ainsi de 72 à 78 sur cette échelle de 100 points.

« L’objectif des nouvelles mesures est qu’elles soient rentables pour le consommateur et appliquées avec des matériaux déjà disponibles sur le marché », explique l’architecte Nathalie Lessard, responsable du Code de construction et de l’efficacité énergétique à la Régie du bâtiment du Québec (RBQ).

Le projet de Règlement modifiant le Code de construction pour favoriser l’efficacité énergétique, publié dans la Gazette officielle du Québec en février 2012, fut présenté par Mme Lessard fin novembre 2011, en marge d’un colloque organisé à Montréal par le Conseil de l’enveloppe du bâtiment et l’Ordre des architectes du Québec (OAQ). Cette publication sera suivie d’une période de commentaires publics d’une durée de 45 jours, après quoi la Régie décidera si elle amendera son projet de règlement. Si tout va comme prévu, les nouvelles normes s’appliqueront aux plans complétés à partir du 1er juillet et aux chantiers débutant en octobre 2012, selon Mme Lessard. La RBQ est seule responsable de l’application de la nouvelle partie 11 (Efficacité énergétique) du chapitre 1 (Bâtiment) du Code de construction du Québec, qui sera mise à jour aux cinq ans.

Exigences similaires à Novoclimat

En résumé, les maisons neuves et agrandissements de  jusqu’à trois étages et 600 m2 (6 456 pi2) devront être aussi bien isolées (tableau ci-contre) que celles construites depuis 1999 dans le cadre du programme volontaire Novoclimat, dont les exigences seront rehaussées sous peu. Outre l’imposition historique des portes et fenêtres éconergétiques (correspondant aux produits certifiés Energy Star) et de l’isolation des planchers sur sol, de même que l’isolation accrue des toitures et des fondations, l’élément novateur du nouveau Code sera l’ajout obligatoire d’un isolant (R‑4) à l’intérieur ou à l’extérieur des murs hors sol et sur le pourtour des dalles sur sol. Cette mesure vise à réduire les pertes de chaleur à travers la structure, ces fameux « ponts thermiques » qui favorisent la condensation qui nourrit les moisissures.  La cote ÉnerGuide minimale d’une maison neuve passerait ainsi de 72 à 78 sur cette échelle de 100 points.

r-2012

Les résidences en bois massif et autres maisons dont les murs n’atteignent pas les résistances thermiques prescrites par le Code pourront s’y conformer grâce à l’application de mesures compensatoires. « Nous encadrerons les solutions de rechange pour permettre l’innovation et éviter les retards coûteux », explique Mme Lessard. Par exemple, on pourrait compenser pour des murs moins isolés en haussant la résistance thermique du toit ou des portes et fenêtres.

Toutefois, il faudra pouvoir démontrer que la maison ne consommera pas plus d’énergie qu’une maison semblable qui respecte toutes les prescriptions du Code. Pour ce faire, il faudra commander une analyse énergétique de la maison auprès d’un conseiller évaluateur accrédité par Ressources naturelles Canada. Celui-ci utilisera un logiciel d’analyse énergétique tel que HOT‑2000. « On n’aura pas besoin de fournir systématiquement un rapport à la Régie, seulement sur demande », précise Mme Lessard.

Des murs à moisissures?

Ces nouvelles exigences sont généralement bien accueillies par l’industrie et par les écologistes : elles sont réclamées depuis plusieurs années — notamment par une récente pétition — afin de réduire le gaspillage énergétique et de favoriser l’innovation. La Fondation Rivières a calculé que le gaspillage d’électricité dû au retard dans l’adoption de cette règlementation équivalait à quatre nouveaux petits barrages à chaque année, soit 16 depuis 2008.

Par contre, divers experts dont André Bourassa, président de l’OAQ, craignent que les risques de moisissures soient accrus dans certaines maisons, notamment parce que le Code n’exigera pas que les matériaux puissent diffuser la vapeur et n’imposera pas de degré d’étanchéité à l’air minimal, vérifié par un essai d’infiltrométrie indépendant. Pour être certifiée Novoclimat (25 à 30 % d’économie de chauffage), une maison ne peut excéder 2,5 changements d’air à l’heure à une pression de 50 pascals (CAH @50 Pa) simulée par infiltrométrie. Ce test gratuit pour les chantiers Novoclimat consiste à dépressuriser la maison avec un gros ventilateur afin de mesurer la quantité d’air qui s’infiltre par l’enveloppe du bâtiment, ce qui permet de corriger les principales fuites d’air avant de poser le gypse. « L’étanchéité à l’air de l’enveloppe du bâtiment est nécessaire non seulement pour réduire l’inconfort des occupants et le gaspillage d’énergie, de dire M. Bourassa, mais aussi pour éviter l’infiltration importante d’humidité dans les murs. Dans les résidences, le taux d’humidité relative varie considérablement. Le Code devrait demander que l’étanchéité à l’air soit vérifiée : on ne veut pas de murs pleins de trous. À défaut de tests d’infiltrométrie obligatoires, la technique de construction qui consiste à passer des fils électriques dans les colombages devrait être proscrite, histoire que les occupants puissent mettre toutes les chances de leur bord. »

Le gouvernement rassurant

Le gouvernement n’est pas convaincu de la nécessité d’imposer une valeur précise de fuites d’air ou le test d’infiltrométrie. « Ce test est fait une journée X et ne garantit pas l’étanchéité à long terme d’un coupe-vapeur scellé par exemple au duct tape », ce ruban adhésif gris pour les conduits de ventilation qui adhère moins longtemps que le ruban de construction, explique l’architecte Nathalie Lessard, responsable de la mise à jour du Code de construction à la RBQ. « La partie 9 [Maisons et petits immeubles] du Chapitre 1 exige déjà que le pare-air soit continu. Elle explique les mesures devant être prises en compte, par exemple, le chevauchement et le scellement du pare-vapeur si celui-ci est utilisé comme pare-air. »

Jancimon Reid, porte parole du ministère des Ressources naturelles et de la Faune, ajoute : « Il est bien connu que les travaux déficients concernant l’étanchéité à l’air et à l’eau peuvent créer des dommages à l’enveloppe. Par contre, une étanchéité à l’air de 4-5 CAH@50 Pa n’engendrera pas de problèmes de condensation si cette faible étanchéité est bien répartie sur l’ensemble de l’enveloppe et si la maison ne connaît pas d’excès d’humidité. Ce sont habituellement les importantes fuites d’air localisées et les infiltrations d’eau qui peuvent créer les dommages les plus importants. Dans une maison bien ventilée en hiver, une application adéquate de la section 9.25 du Code national du bâtiment [Contrôle du transfert de chaleur, des fuites d’air et de la condensation] permet d’éviter les problèmes de condensation et de dégradation, selon le Conseil national de recherches du Canada. »

 

 

 

 

L’APCHQ et l’OAQ inquiets

Où est le problème alors? « Dans tout bâtiment, il est pratiquement impossible de garantir qu’il n’y aura jamais une infiltration d’eau par quelque endroit (portes, fenêtres, barrage de glace, etc.) », explique André Gagné, directeur du service technique de l’Association provinciale des constructeurs d’habitation du Québec (APCHQ). « Plus on va aller vers des enveloppes du bâtiment performantes, ajoute‑t‑il, plus on risquera de cultiver des moisissures » — si les murs ne diffusent pas la vapeur.

La question qui tue est donc : comment favoriser l’assèchement de l’humidité qui s’infiltrera tôt ou tard dans les cavités murales? « Ça dépend de la coupe de mur; il faut consulter les fabricants », répond l’architecte de la RBQ, Nathalie Lessard.

« Il est surprenant de constater que les Européens ont une avance considérable sur nous en matière de techniques de construction en bois », déplore le président de l’Ordre des architectes du Québec, André Bourassa. « Ils ont chiffré et règlementé les propriétés de diffusion de la vapeur et de stockage de la chaleur des matériaux, ainsi que d’effusion thermique d’un matériau à l’autre. Ce sont des notions fondamentales qui affectent le confort des occupants et l’efficacité énergétique. »

« Il est surprenant de constater que les Européens ont une avance considérable sur nous en matière de techniques de construction en bois », déplore le président de l’Ordre des architectes du Québec, André Bourassa. « Ils ont chiffré et règlementé les propriétés de diffusion de la vapeur et de stockage de la chaleur des matériaux, ainsi que d’effusion thermique d’un matériau à l’autre. Ce sont des notions fondamentales qui affectent le confort des occupants et l’efficacité énergétique. »

Ce que font rarement les constructeurs et autoconstructeurs, déplore André Bourassa de l’OAQ. Cet expert s’inquiète de la nouvelle tendance qui consiste à créer deux pare-air en scellant à la fois le pare-vapeur de polyéthylène posé sur la face intérieure du mur et un isolant plastique posé à l’extérieur (panneaux de polystyrène extrudé (PSX) ou de polyisocyanurate, voire du polyuréthane giclé), ce qui empêche une cavité murale mouillée de sécher. « C’est ridicule, car il y a des matériaux putrescibles entre les deux. Quand un Aspenite est recouvert de polystyrène extrudé [PSX], très souvent la pourriture vient de l’extérieur. » À la fois putrescible et moins perméable à la vapeur qu’un PSX, l’ Aspenite est un type de panneau de copeaux orientés, souvent appelé OSB pour Oriented Strand Board. Selon André Gagné de l’APCHQ, « le lobbying des fabricants » serait la seule raison pourquoi l’on permet l’utilisation de ce matériau du côté extérieur des murs. Quant à André Bourassa, il dit : « Non à la persistance du modèle désuet de Novoclimat et de son mélange indigeste de matériaux. »

Les matériaux diffusants

Cet architecte dit avoir une nette préférence pour les matériaux « diffusants », perméables à la vapeur. C’est le cas par exemple de la membrane intermédiaire pare-pluie de type Tyvek ou Typar (communément appelée pare-air), du pare-vapeur « intelligent » MemBrain, dont la perméance à la vapeur varie selon l’humidité ambiante, ainsi que du carton fibre ou du papier kraft asphaltés. « Autrefois, en Abitibi et ailleurs, on badigeonnait les murs de bois massif à l’argile, ce qui les rendait plus étanches et augmentait leur masse thermique tout en préservant leur capacité diffusante. Aujourd’hui, la tendance en Europe est de construire des maisons tout bois, car il s’agit d’une matière renouvelable. Le polystyrène, c’est une matière imputrescible remarquable, j’en ai besoin sous mes dalles de fondations et pour protéger les empattements. Mais la construction tout plastique, c’était pour les années 1990. »

Comme on pouvait s’y attendre, l’ingénieur Salvatore Ciarlo, directeur technique chez le fabricant de produits de fibre de verre et de PSX Owens Corning Canada, n’est pas de cet avis. « Il est possible d’utiliser divers types de matériaux tant que les murs sont étanches à l’air et laissent l’humidité s’échapper. Quand un revêtement peu perméable à la vapeur [comme le PSX] est utilisé du côté extérieur des murs, nous recommandons de poser à l’intérieur un polyéthylène de 4 mils [millièmes de pouce] aux joints chevauchés mais non scellés. Ainsi, la condensation qui se produit à l’occasion dans le mur en hiver pourra s’échapper par l’intérieur, explique‑t‑il en citant une récente étude du Conseil national de recherches du Canada. En plus de réduire la condensation en réchauffant l’OSB en hiver, l’isolant étanche posé du côté extérieur protègera le mur contre la pluie le reste de l’année. »

Sceller les fuites avant d’isoler davantage

Un avis partagé en partie par l’ingénieur Jim White, expert réputé pour ses opinions indépendantes et ancien conseiller principal en science du bâtiment à la Société canadienne d’hypothèques et de logement (SCHL). « La majorité des problèmes d’humidité dans les murs sont causés par les fuites d’air. Dans les maisons les mieux isolées, ces fuites peuvent représenter les principales pertes de chaleur, même supérieures aux pertes thermiques par conduction à travers les matériaux », affirme celui qui prônait dès 1983 la construction de maisons à consommation nette zéro d’énergie.

Toutefois, Jim White estime, tout comme André Bourassa, que l’ajout d’un isolant plastique à l’extérieur de la maison peut entraîner des risques de condensation et de moisissure dans un cas bien précis : « Si nous ne contrôlons pas mieux le flux d’humidité dans les murs, nous ne pouvons pas nous permettre d’ajouter de l’isolant. Ajouter une petite épaisseur de plastique pare-vapeur du côté extérieur des murs est une mauvaise idée — encore plus s’il est laminé d’aluminium — à moins que le pare-air soit virtuellement parfait. C’est pourquoi le test d’infiltrométrie est si important. »

Le mur idéal?

Selon Jim White, le mur idéal aurait une résistance thermique de R‑40 et serait fait de cavités vides fermées à l’extérieur à l’aide d’un revêtement intermédiaire ultra isolé et étanche. « N’importe quel type d’isolant fera l’affaire, pour peu que sa résistance thermique soit élevée — il faut au moins 4 po [10 cm] de polystyrène pour vraiment garder un mur au chaud — et que le tout soit parfaitement étanche à l’air. Ainsi, il n’y aurait aucun risque de condensation dans l’ossature ni sur le revêtement intermédiaire. Si vous posez des panneaux de 1 po [25 mm] de polystyrène extrudé ou expansé (plus perméable à la vapeur) à l’extérieur d’un OSB, assurez-vous de sceller à la fois les joints de l’OSB et ceux du polystyrène. Ainsi, le mur sera si étanche que vous n’aurez même pas besoin de polyéthylène à l’intérieur — même sans joints scellés, c’est un trop bon pare-vapeur pour permettre l’assèchement complet de murs humides. Le pare-vapeur idéal était le papier kraft légèrement goudronné jadis laminé aux nattes isolantes : il permettait à l’humidité de sécher vers l’intérieur. » Toutefois, l’expert conclut en réitérant que toute maison neuve devrait faire l’objet d’un test d’infiltrométrie pour deux raisons : « Premièrement, l’entrepreneur conscient que la maison sera testée sera alors beaucoup plus soucieux de l’étanchéité de l’enveloppe. Deuxièmement, il sensibilisera aussi ses sous-traitants, qui souvent ne sont pas conscients de l’importance de l’étanchéité à l’air. Ne faites confiance à rien d’autre qu’à un test d’infiltrométrie! »

Et la ventilation?

Par ailleurs, le Code de construction de 2012 demeurera moins exigeant que le programme Novoclimat en matière de ventilation. Ainsi, les échangeurs d’air devront dorénavant récupérer 54 % (60 % dans Novoclimat) de la chaleur de l’air vicié pour préchauffer l’air frais entrant à -25 °C. De plus, le Code n’imposera pas l’utilisation de conduits rigides, qui facilitent leur nettoyage ainsi que l’écoulement de l’air. « Il n’y a pas de preuve que les conduites souples bien installées sont moins performantes que les rigides », fait remarquer Mme Lessard de la Régie du bâtiment du Québec (RBQ).

Mais justement, les conduits sont souvent mal installés, explique l’ancien chercheur de la SCHL, Jim White : « Les chutes de pression [de l’air] sont plus importantes dans les conduits flexibles que les gens ne le croient. Ils doivent être étirés au maximum et leurs coins bien supportés. De plus, il faut les manipuler doucement au moment de les nettoyer. Avec les années, je m’attends à ce que les conduits deviennent plus fragiles et qu’ils se déchirent plus facilement. »

Les conduits flexibles sont fabriqués soit en métal soit en vinyle (ou PVC pour polyvinyle chloré). « Le PVC est un plastique assoupli par des plastifiants (phtalates) qui contaminent l’air intérieur, augmentant notamment le risque d’asthme », explique Jim White.

D’ailleurs, l’American Public Health Association et l’Association internationale des pompiers comptent parmi les organismes qui viennent de recommander que l’on cesse d’utiliser le PVC souple dans les bâtiments. « Le PVC est le pire plastique pour l’environnement et la santé humaine », affirme un communiqué émis par l’Alliance for a Clean Environment, dont font partie ces deux organismes.

Les acheteurs avisés se paient un inspecteur

Au Québec, la loi prescrit les mêmes exigences d’efficacité énergétique depuis près de 30 ans : petits et grands bâtiments sont encore régis par la désuète Loi sur l’économie de l’énergie dans le bâtiment et par le Règlement sur l’économie de l’énergie dans les nouveaux bâtiments, en vigueur depuis 1983. Ce retard est notamment dû à des négociations interminables qui ont abouti à divers compromis. Par exemple, la plupart des municipalités ne voulaient pas être responsables de l’application des nouvelles exigences d’efficacité énergétique, notamment par manque de budgets nécessaires pour inspecter les chantiers, et les entrepreneurs voulaient, entre autres, limiter la hausse du prix et la complexité des maisons neuves.

Or, en 2004, l’inspection de 50 maisons neuves par le magazine Protégez-vous avait révélé que certaines habitations gaspillaient jusqu’à 500 $ d’énergie par année. C’est que plusieurs entrepreneurs négligent l’étanchéité à l’air et certains percent même volontairement leurs murs afin qu’ils « respirent », c’est-à‑dire pour évacuer l’humidité et ainsi prévenir la pourriture. Généralement de bonne foi mais mal informés, ces entrepreneurs construisent donc des maisons inconfortables et coûteuses à chauffer. Ils n’ont pas compris que la maison idéale est ventilée de façon contrôlée et équilibrée, très bien isolée, munie d’un excellent pare-air et de murs extérieurs dotés de matériaux diffusants ou non étanches à l’air d’un côté de l’enveloppe, afin de permettre l’assèchement de humidité, le cas échéant.

Les villes s’en lavent les mains

Bien des consommateurs sont surpris d’apprendre que la vaste majorité des municipalités n’inspectent pas les chantiers pour s’assurer, par exemple, de la qualité et de la quantité de leur isolation. Après avoir vérifié les plans des maisons avant d’émettre un permis de construire, la plupart ne contrôlent que la conformité des installations septiques.

Ce sera encore le cas avec le nouveau Code de construction du Québec, car c’est la RBQ qui sera responsable de l’application des nouvelles exigences d’efficacité énergétique. « L’inspection a été déléguée aux plans de garantie des maisons neuves », explique l’architecte Nathalie Lessard, responsable du Code de construction à la RBQ. Un échantillonnage de chantiers représentatifs du marché sera choisi au hasard. Quant aux autoconstructeurs, ils ne seront plus exemptés du respect du Code de construction; la RBQ sera seule responsable d’inspecter leurs chantiers.

Un évaluateur indépendant

À défaut de faire certifier sa maison par le programme Novoclimat (qui inspecte les chantiers gratuitement), le consommateur a donc tout intérêt à embaucher une firme d’inspection certifiée Novoclimat — la liste est publiée sur le site du ministère des Ressources naturelles et de la Faune. Ces conseillers évaluateurs sont notamment spécialistes du fameux test d’infiltrométrie.

« Il est possible de faire un tel essai dans une maison unifamiliale pour 300 $, plus taxes », explique le technologue en architecture Joël Legault, de la firme d’experts conseils Legault-Dubois, de La Prairie, en Montérégie. « Ce service comprend le déplacement, le calcul du volume chauffé, l’essai d’infiltrométrie normalisé, la détection de fuites d’air et la remise d’un rapport d’essai. Il est également possible, pour un léger supplément, de faire évaluer la conformité de sa construction aux exigences Novoclimat, même si la maison n’est pas inscrite au programme. En plus du test d’infiltrométrie, l’inspecteur vérifiera si les autres exigences du programme Novoclimat sont respectées : l’isolation de l’enveloppe, l’installation de portes et de fenêtres éconergétiques, la qualité du réseau de conduits de ventilation, etc. Un rapport de conformité est remis après l’inspection. Attention, ce service ne sert qu’à renseigner le propriétaire et ne peut pas être utilisé pour certifier la construction. »

Manque d’inspecteurs

Selon une source gouvernementale, ces conseillers évaluateurs sont une denrée rare au Québec. « Plusieurs intervenants consultés étaient en faveur d’un test d’infiltrométrie obligatoire, mais plusieurs autres intervenants — dont la RBQ — ont dit que ce serait trop difficile à gérer. Il n’y a pas assez de ressources pour inspecter tous les chantiers, dont la majorité sont livrés le 1er juillet. Mais il n’est pas exclu qu’on revienne à la charge dans cinq ans, lors de la prochaine révision du Code. »

Pour les constructeurs, si un jour le Code imposait un degré d’étanchéité spécifique, comme la limite volontaire Novoclimat de 2,5 CAH@50 Pa, cela risquerait de causer bien des maux de tête juridiques. « Puisque le bois rétrécit en séchant, une maison perd de son étanchéité avec les années, explique André Gagné, directeur technique de l’APCHQ. Si un nouvel acheteur commande un test d’infiltrométrie et que l’étanchéité est à 2,6 CAH@50 Pa, on fait quoi? »

De toute façon, entre 2 et 3 CAH@50 Pa, la différence dans les coûts de chauffage est minime. « Aujourd’hui, il n’y a pas beaucoup de maisons à 5 ou 6 changements d’air à l’heure », de conclure M. Gagné.

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6 Responses

  1. André Fauteux

    Le Québec devrait-il imposer le test d'infiltrométrie dans toutes les maisons neuves? Quels matériaux et techniques de pare-air et pare-vapeur préférez-vous? Vos commentaires, précisions et critiques sont les bienvenus!

    1. Les tests d’infiltrometrie sont très utiles pour vérifier la bonne installation des nouvelles fenêtres / portes-patio.

      Quand on fait des tests sur l’enveloppe du bâtiment, les résultats ne sont pas concluants et souvent on a plus des questions que des réponses.

      Dans mon opinion, on doit éviter le polystyrène avec le scellement autour parce que tous les bâtiments que j’ai inspectés a l’arrière du polystyrène j’ai trouve toujours de la pourriture.

  2. Alain Migneault

    Bonjour André Merci pour ce document très intéressant, les commentaires des spécialistes permet d'apprendre les situations problématiques sur le marché. Je suis en accord avec M. André Bourassa concernant le réseaux électriques et autres qui trop souvent permettent, par convection, le passage des infiltrations d'air chaud et humide dans les cavités aux travers de perforations non scellées.

    Les points de rosée se forment selon le différentiel de température par rapport au pourcentage d'humidité relative. Plus le pourcentage d'humidité est élevé, moins le différentiel de température est important et vice versa. La chaleur tente de s'équilibrer avec le froid, entrainant avec elle l'humidité, la condensation (point de rosée de la vapeur qui se transforme en eau) se dépose sur les éléments les plus froids selon le gradiant de température.

    Un pare-air constitué selon les règles de l'art est continu sur l'ensemble de l'enveloppe, aux jonctions des divers paliers et autres assemblages des structures, empêchant les infiltrations et exfiltrations d'air de circuler dans les cavités. La résistance thermique des isolants retarde le passage de la chaleur par conduction aux travers les matériaux. Plus le facteur R est élevé, moins la perte de chaleur est importante, à condition que les principes d'un pare-air soient appliqués – un chandail doublé de laine est chaud tant que le vent ne le traverse. Avec un bon coupe-vent, nous sommes bien au chaud. Le même principe s'applique dans l'enveloppe du bâtiment et de plus nous avons le contrôle sur l'humidité relative avec les systèmes de ventilation à récupération de chaleur (VRC). Une enveloppe ayant un taux de fuites acceptable, une résistance thermique adéquate selon les degrés jours ou régions, et un contrôle d'humidité relative permet un confort et une économie d'énergie dans les nouvelles résidences.

    Concernant l'infiltration d'eau sur le revêtement intermédiaire, il faut intercepter l'eau derrière le bardage et la diriger vers l'extérieur, loin du mur de fondation, à l'aide de solins et d'appuis collés et fixés au périmètre des ouvertures et assises. Je rencontre souvent des solins de type polythène noir broché sur le revêtement intermédiare dans la construction résidentielle. Il faut tenir compte des forces dirigeant l'écoulement de l'eau par gravité, tension superficielle / capilarité / énergie cinétique (vent) différentielle de pression. Pour l'avant-toit d'un toit de bardeaux en pente, il y a des membranes de protection conformes au Code. Ils servent à soutenir la rive des bardeaux et fournir un larmier pour empêcher l'eau d'être refoulée sous les bardeaux et de s'écouler le long de la bordure d'avant-toit et de la sous-face.

    Je suis en accord avec Monsieur Gagné, il est impossible de garantir qu'il n'y aura jamais une infiltration d'eau par quelque endroit. Une ventilation des corniches et le scellement des sablières avec un isolant giclé à la jonction des déflecteurs d'airs aux périmètres des murs donnant sur l'extérieur empêche la perte de chaleur aux endroits les plus près de la toiture (neige fondante accumulation de glace). Aussi, l'isolant giclé sur les interstices (fils, évents de plomberies et autres dans l'entre toit) comme scellement augmente la continuité du pare-air / vapeur au plafond des résidences.

    Au cours d'une saison de chauffage, le transport d'humidité pour un orifice de 2 cm x 2 cm = 30 litres d'eau. Si les murs ne diffusent par la vapeur d'eau, l'air froid qui fuit par les prises électriques ou autour des portes et fenêtres n'est pas nécessairement signe que la maison est mal isolée. L'isolant a beau bien jouer son rôle, il n'offre que peu de résistance au passage de l'air. C'est plutôt le rôle du pare-air. En plus de refroidir considérablement la maison, l'infiltration d'air par les joints entre les matériaux rend celle-ci très inconfortable. D'importants coûts de chauffage y sont aussi rattachés. L'air qui s'infiltre par ces ouvertures entraîne une quantité importante d'humidité dans le mur où elle risque de causer des problèmes de moisissure.

    Une première maison fut construite en 1994 à Chambly avec le système d'isolation Poly-Cel (La Maison du 21e Siècle, octobre 1994). J'ai communiqué récemment avec le propriétaire de cette maison pour avoir la permission de faire un second test d'infiltrométrie. Le premier réalisé par Hydro-Québec en 1994 était de 0,59 CAH à 50 pascals. Je veux vérifier savoir si le système Poly-Cel a maintenu son étanchéité après 18 ans ainsi que le taux d'humidité dans la cavitée murale.

    Je réalise avec l'architecte Jacques Monty des murs Poly-Cel pour des CPE depuis longtemps déjà. Au printemps 1997, j'ai construit le mur dans la chambre environnementale du Centre des études sur le bâtiment de l'Université Concordia à Montréal pour pousser plus loin la recherche sur le rendement de l'enveloppe. Il était composé comme suit: R:26.7 (incluant revêtement de brique / espace d'air / pare-vapeur / fourrure / gypse) -carton-fibre 7/16 goudronné -fourrure de bois 2 x 2 @ 16 pouces c/c horizontale -pare-air, polyuréthane giclé type II de l'intérieur entre les fourrures de bois 2 x 2 -montants de 2 x 4 au @ 16 pouces c/c -membrane ventilée -isolant cellulose à haute densité

    L'avantage de ce système est principalement l'espaceur en 2 x 2 qui permet de faire l'ensemble des travaux d'isolation de l'intérieur sans échaffaudage, au sec et à l'abri du vent. Ceci permet d'élimine les ponts thermiques et de sceller les pourtours des ouvertures, les solives de rive, les jonctions, sablières, coins de murs et autres. Nous demandons d'installer un isolant extrudé au linteau des ouvertures. Le polyuréthane est le pare-air: giclé et monolitique, il épouse les formes et intertices en comblant les manques dus à une coupe de bois trop courte, etc. Il est très facile de faire l'inspection préalable à l'application du deuxième isolant (la cellulose) qui est aussi monolitique : elle comble l'espace entrte des montants en 2 x 4 et augmente à la fois la résistance thermique et acoustique avant l'installation du pare-vapeur et des fourrures de bois.

    Ce système est gagnant des prix suivants: Domus APCHQ 1994, Innovations sur Chantier SCHL 1995, Défi Idée Canmet Canada pour le Clos Saint-André à Montréal avec l'Université Concordia, Finaliste CEBQ (M. Luis de Miguel), démontré par la SCHL pendant trois ans au Centre des Science de Montréal (sur recommandation d'André Fauteux). Ces organismes sont sérieux et soucieux dans les assemblages en construction. Je crois sincèrement que cette méthode est aussi bonne en 2012 qu'à la construction de la première maison, mais que certains matériaux pourraient être remplacé par des plus performants.

  3. Alain MIgneault

    Le client ou propriétaire/vendeur devrait avoir un test d'infiltrométrie et rapport récent effectués par un évaluateur qualifié. Ainsi chaque maison devrait avoir une cote énergétique obligatoire (par exemple de 78 au lieu de de 74) permettant au propriétaire d'être fier de sa qualité de construction. Cela intéresserait les clients et stimulerait le marché si l'on pouvait comparer les cotes des maisons performantes et de celles qui risquent d'être inconfortables et énergivores.

  4. Denis Piché, Arontec

    L'utilisation de l'aspenite ou du contreplaqué à l'extérieur empêche évidemment la vapeur d'eau de s'écouler vers l'extérieur. Lorsque le pare-vapeur est installé du côté intérieur, cela fait un sandwich où la vapeur est emprisonnée à l'intérieur des murs extérieurs. Situation tout à fait favorable à la formation de moisissure. Ceci sans compter le fait que l'hiver, l'humidité se condense, gèle et rend tout à fait inefficace l'isolant. S'il y a infiltration d'eau au niveau du toit ou des ouvertures, c'est encore pire. L'eau se ramasse dans la cavité murale sans jamais sécher. Il est vrai que l'utilisation d'un panneau rigide du côté extérieur peut simplifier la construction mais au niveau hygrométrique cela est catastrophique. Chez Arontec, nous utilisons des panneaux intermédiaires HP (Haute performance) de la compagnie Emco BP en plus d'une membrane pare-air/eau. Ceci fait que nous respectons le principe d'aller des matériaux moins perméables aux plus perméables, de l'intérieur vers l'extérieur. Entre le parement extérieur et l'ossature, nous avons en plus, un vide ventilé. Ainsi, si jamais le pare-vapeur est accidentellement endommagé, l'humidité peut toujours s'écouler vers l'extérieur. Denis Piché Arontec denisp@arontec.com (819) 326-6604

  5. Mr ABDOU MANE

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    proposer un partenariat dans ce sens et aussi si vous avez des cibles dans votre pays de vous faire la commercialisations de vous vos produits ou de la prise de RDV pour vos conseillers de vos produits.
    Nous restons disponibles afin de vous présenter plus en avant notre projet et les
    propositions commerciales pouvant faire l’objet d’un partenariat entre nos deux
    sociétés.
    Dans cette attente, nous vous prions de recevoir, Madame, Monsieur, l’expression de
    nos salutations distinguées.
    Présentement nous sommes en parfaite collaboration avec des sociétés françaises
    comme Remmedia,Vulcanos, Eco-Energie, Actis, Vie Alerte aussi avec des cabinets de
    courtage en mutuelle complémentaire santé comme Gold santé à Toulouse et
    cabinet Actis à Perpignan. Alors je souhaiterais savoir si vous ne seriez pas
    intéressés par notre service en ce qui concerne la prise de RDV
    Aussi nous faisons des prises de RDV par téléphone car le téléphone est aujourd’hui
    un des systèmes de communication les plus rentables et rapides avec un taux de
    transformation allant de 5 à 20 % selon les bases de données et les secteurs
    d’activités, alors que le mailing, par exemple, n’est que de 1 à 5 %.
    Depuis plus de 5 ans, notre expérience en télémarketing nous a permis de réunir nos
    savoir faire et de pouvoir construire une structure à taille humaine (32 positions) au
    Sénégal, depuis 2007.
    Spécialistes de l’émission d’appels, nous répondons à votre demande par des offres
    « sur mesure ».
    Notre Mission c’est :
    La télé qualification de fichiers
    La prise de rendez-vous
    Les enquêtes et sondagesLa prise de RDV par téléphone :
    Nous vous proposons de renforcer votre force de vente en externalisant la prise de
    RDV de vos commerciaux. Vous bénéficiez ainsi d’une prospection téléphonique
    réalisée par des professionnels, économisez des couts supplémentaires et multipliez
    les opportunités commerciales.
    La qualification de fichiers:
    Indispensable pour des campagnes d’e-mailing, mailing ou autres, nous vous
    proposons d’organiser vos bases de données afin d’être plus pertinents lors de vos
    actions commerciales. L’utilisation d’un fichier qualifié augmente le rendement,
    l’efficacité de vos contacts, vous permettant ainsi d’optimiser le nombre de contrats.
    Enquêtes et sondages:
    Soucieux de votre image de marque, vous désirez un retour de vos clients en termes
    de satisfaction sur les produits ou services que vous distribuez. Nous vous
    proposons de définir ensemble les objectifs de votre opération de sondages ou
    d’enquêtes en intégrant vos cibles de prospection.
    Prestations et Formations:
    Vous attendez de vos collaborateurs un bon accueil au téléphone, une bonne écoute
    et surtout un sens inné du service ; nous vous proposons de répondre à vos besoins
    en télé marketing pour qu’ensemble nous bâtissions les modules de formation
    adaptés. Nous intervenons sur les postes suivants ; Télé acteur, Superviseur,
    Formateur. Pour toutes nos formations, nous commençons par une phase
    d’immersion dans votre secteur d’activité afin de répondre au mieux à vos besoins.
    Cordialement
    Mr Abdou Mané
    MANECOUNDA WORLDWIDE -Call Center Solutions
    Parcelles Assainies Unité14 N°257 Immeuble CBAO/BRS BP:11799 DAKARPeytavin
    Mobile: 00221 777206230
    skype:ndiaye730

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