L’avenir des technologies propres en Estrie

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Le prochain Rendez-vous des technologies propres aura lieu le 30 mai 2014 à Sherbrooke.

En 2009, l’Estrie devenait la première région détentrice du créneau d’excellence Bio-industries environnementales, accordé par la stratégie gouvernementale de développement économique régional Projet ACCORD. « L’objectif était de relier les forces des entreprises afin que ces dernières puissent mener des actions communes », se rappelle Jean-Jacques Caron, directeur du créneau d’excellence Bio-industries environnementales. Le créneau aspirait alors à faire de l’Estrie une vitrine nord-américaine de premier plan en termes de bioefficience et d’écoefficacité environnementales par l’utilisation de bioproduits et de bioprocédés. En 2011, le créneau a été sacré « Créneau de l’année » grâce au dynamisme et à l’efficacité dont ont fait preuve les membres du créneau dans la mise en œuvre de leur plan d’action.

Aujourd’hui, une trentaine d’entreprises joignent leurs efforts à ceux de huit centres de recherche dans les domaines de la bioénergie, des nouveaux matériaux et du bio-assainissement. Le créneau collabore également avec Sherbrooke Innopole à l’organisation du Rendez-vous des technologies propres. « C’est un événement unique au Québec qui aide les jeunes entrepreneurs à développer leur réseau professionnel et à améliorer leur performance », illustre M. Caron. La prochaine édition, qui aura lieu le 30 mai 2014 à Sherbrooke, mettra à l’avant-scène neuf entreprises qui se démarquent en termes de ville intelligente, d’électrification des transports et d’énergie solaire.

Pour une gestion responsable des émissions de gaz à effet de serre

Enviro-accès sera du lot des entreprises en vedette dans le cadre du prochain Rendez-vous des technologies propres. Figurant parmi les trois centres canadiens pour l’avancement des technologies environnementales (CECATE), Enviro-accès offre depuis 1993 plusieurs services relevant notablement de la quantification des émissions de gaz à effet de serre (GES) et du soutien au développement de technologies propres. « Nous travaillons sans relâche à illustrer, grâce à l’avantage GES, les bienfaits des technologies propres par rapport aux technologies usuelles en termes de lutte aux changements climatiques », explique Jean-François Comeau, directeur au développement des affaires chez Enviro-accès. Plusieurs organisations issues des domaines du transport, de la gestion des matières résiduelles et de l’efficacité énergétique font d’ailleurs appel aux services-conseils d’Enviro-accès.

L’entreprise a également conçu son propre outil de reconnaissance des efforts consacrés à l’inventaire et la compensation des émissions de GES, le programme d’attestation Carboresponsable. Plusieurs organisations, comme l’Université Bishop’s, la Ville de Sherbrooke et les Jeux du Canada – Sherbrooke 2013, ont reçu l’attestation Carboresponsable pour leurs engagements en matière de changements climatiques. D’autres grandes sociétés ont également manifesté l’intérêt de réaliser un inventaire de leurs émissions de GES. Selon M. Comeau, la partie n’est toutefois pas gagnée d’avance. « Il y a encore beaucoup d’éducation à faire pour sensibiliser les organisations à l’importance d’une gestion responsable de leurs émissions de GES », souligne-t-il.

Une solution à la dépendance au pétrole

Aujourd’hui basée à Montréal, l’entreprise sherbrookoise Enerkem est devenue quant à elle le fer de lance de l’industrie des technologies propres quant à la valorisation. Depuis 2000, l’entreprise maintes fois primée a su tirer son épingle du jeu en produisant des biocarburants et des produits chimiques verts à partir de déchets non recyclables. L’entreprise propose des solutions novatrices pour contrer la dépendance au pétrole et la prolifération de déchets. Les biocarburants produits par Enerkem permettraient d’ailleurs de réduire les GES de plus de 60 % par rapport aux carburants traditionnels.

Selon M. Caron, Enerkem est un leader en matière de technologies propres. « Enerkem représente un modèle pour les autres entreprises, car elle s’est bâtie d’elle-même. » L’entreprise compte 170 employés au Canada et aux États-Unis. Suite à la construction de son usine pilote à Sherbrooke en 2003, Enerkem a poursuivi son expansion dans la région en construisant à Westbury, petite municipalité de 1000 habitants située à une vingtaine de kilomètres de Sherbrooke, sa première usine de biocarburants et de produits biochimiques. L’usine de Westbury utilise une technologie innovante de production d’éthanol à partir du bois traité issu de poteaux électriques usagés. Enerkem travaille maintenant à l’inauguration prochaine d’une usine de transformation des déchets solides en éthanol, à Edmonton.

Des diplômés à la rescousse de l’environnement

En plus d’entreprises dynamiques, l’Estrie a la chance de compter sur une expertise de pointe en développement des technologies propres, celle de l’Université de Sherbrooke. Depuis quelques années, l’institution a multiplié les efforts afin de devenir la référence en matière de formation académique en environnement. Le Centre universitaire de formation en environnement et en développement durable (CUFE) accueille des étudiants depuis 1974, principalement à la maîtrise en environnement. En 2011, le CUFE a ouvert ses portes aux premiers étudiants de premier cycle avec son baccalauréat en études de l’environnement. Célébrant ses 40 ans d’expérience cette année, le CUFE a formé en moyenne plus de 150 étudiants annuellement depuis quelques années.

Aux dires de M. Caron, l’apport de l’Université de Sherbrooke est indéniable en termes de visibilité et de formation de relève. « Le rayonnement de l’Université de Sherbrooke depuis une trentaine d’années permet à l’Estrie de se distinguer dans le secteurs des industries environnementales, en formant une main d’œuvre qualifiée et en accroissant la recherche dans le domaine », soutient M. Caron. Ce dernier croit d’ailleurs que l’avenir de l’industrie des technologies environnementales en Estrie passe par une collaboration plus accrue avec l’Université de Sherbrooke. « L’industrie des technologies propres a bénéficié des savoir-faire développés à l’Université de Sherbrooke. Il faut maintenant continuer sur cette voie en renforçant et en développant encore plus de partenariats avec cette institution. »

 

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