Risques liés à l’utilisation des cellulaires : l’Italie va en informer ses citoyens, mais au Canada c’est l’omerta

Santé Canada a admis implicitement que les téléphones cellulaires peuvent être nocifs en donnant des conseils pour « réduire les risques ».

Les radiofréquences doivent être reclassées comme cancérogènes pour l’humain, recommande une sommité qui conseille l’Organisation mondiale de la santé depuis plusieurs années.

En collaboration avec André Fauteux 

Dans ce qui constitue une victoire pour les partisans du principe de précaution, un tribunal italien a ordonné au gouvernement de lancer une campagne visant à informer le public des risques pour la santé liés aux téléphones mobiles et sans fil. La campagne d’information doit commencer le 16 juillet. Le tribunal a rendu sa décision en novembre dernier, mais l’annonce n’a été faite que le 15 janvier. La décision est ICI. L’article traduit du journal La Repubblica expliquant le tout est ICI. Voici un extrait traduit de cet article : « Les ministères de l’Environnement, de la Santé et de l’Éducation, chacun dans son domaine de compétence, devront organiser, dans un délai de six mois, une campagne d’information destinée à l’ensemble de la population, sur la bonne façon d’utiliser les téléphones mobiles et les téléphones sans fil, ainsi que sur les risques pour la santé et l’environnement liés à une mauvaise utilisation de ces appareils. » L’article explique que le juge a rendu cette décision en se basant sur le fait que le 16 janvier 2012, le ministre de la Santé d’alors avait annoncé son intention de lancer une telle campagne d’information afin, écrivait-il, de « promouvoir et encourager l’utilisation responsable du téléphone, en particulier vis-à-vis des enfants qui ont tendance à être amenés à utiliser le téléphone cellulaire à un âge de plus en plus précoce. » Il précisait également que : « La campagne d’information est en cours de préparation et sera basée sur le cadre des connaissances recueillies auprès des sources et des organisations nationales et internationales les plus fiables. » Comme rien n’avait encore été fait 7 ans plus tard, le juge a ordonné au gouvernement italien de lancer cette campagne d’ici 6 mois.

Ici au Canada, Santé Canada a émis le 4 octobre 2011 un avis sur son site offrant des conseils pratiques sur l’utilisation sécuritaire du cellulaire dans lequel on peut notamment lire : « Ce que vous devrez faire : – Limiter la durée des appels avec un cellulaire – Envoyer plutôt des messages textes ou utiliser un appareil mains libres – Encourager les jeunes de moins de 18 ans à limiter leur utilisation du cellulaire ». Il y offre même aux Canadiens la possibilité de lui envoyer un Rapport d’incident en rapportant tout problème survenu au Bureau de la protection contre les rayonnements des produits cliniques et de consommation à l’aide du formulaire en ligne ICI. Le gouvernement du Canada a également admis implicitement que les téléphones cellulaires posent un risque pour la santé dans une page Web portant sur la Sécurité des cellulaires et des stations de base où l’on peut lire « Réduire les risques – Santé Canada rappelle aux usagers du cellulaire qu’ils peuvent prendre des mesures pratiques pour réduire leur exposition aux RF, des façons suivantes : en limitant la durée des appels sur le cellulaire; en optant pour un appareil mains libres; en remplaçant les appels sur le cellulaire par des textos. Santé Canada encourage les parents de prendre ces mesures afin de réduire l’exposition de leurs enfants aux RF émises par les cellulaires, puisque les enfants sont généralement plus sensibles à divers agents environnementaux. »

Preuves ignorées

Toutefois, ces avis n’ont guère eu d’échos dans les médias puisque Santé Canada n’a jamais lancé de campagne de sensibilisation à grande échelle pour en informer les Canadiens, et Santé Canada se refuse toujours à reconnaître officiellement l’existence de milliers d’études scientifiques sérieuses et rigoureuses, réalisées indépendamment de l’industrie des télécommunications, établissant la nocivité avérée à maints égards des radiofréquences (RF) de type micro-ondes émises par la plupart des appareils sans fil utilisés quotidiennement par des millions de Canadiens, inconscients des multiples dangers qu’ils courent en utilisant abusivement ces appareils sans chercher à limiter leur exposition aux ondes émises. Ce refus de prendre en compte ces preuves scientifiques, contredisant les études financées principalement par l’industrie et conçues par des mercenaires scientifiques pour ne pas démontrer d’effets nocifs liés aux appareils sans fil et ainsi semer le doute sur les études démontrant de tels effets (pour en savoir plus, voir Industry Influence in Science), s’est reflété lors de la révision en 2015 par Santé Canada de son Code de sécurité 6 dont la nouvelle version mise en ligne ICI ne révèle, dans un charabia scientifique difficilement compréhensible, que très peu de changements en terme de sécurité par rapport à l’ancienne version de 2009. Un citoyen très déterminé peut aussi consulter dans ces Lignes directrices de Santé Canada sur l’exposition aux radiofréquences le processus ayant abouti à ces quelques changements cosmétiques, un processus fortement biaisé qui avait suscité une vive controverse comme l’a dénoncé l’Association médicale canadienne (lire SUBVERSION OF SCIENCE: RSC PANEL WITH CONFLICT OF INTEREST TO REVIEW SAFETY CODE 6!).

Non seulement Santé Canada a-t-il sciemment ignoré les études démontrant des effets biologiques nocifs sous le seuil d’échauffement thermique dans son évaluation de la preuve scientifique, tel qu’admis devant la Cour supérieure du Québec par James McNamee, un scientifique à l’emploi de Santé Canada en 2013, et expliqué dans Health Canada admits Safety Code 6 guideline for microwave radiation is based ONLY on thermal effects!*, mais le gouvernement Trudeau, par la voix de sa ministre de la Santé Jane Philpot, a rejeté en bloc les recommandations du Rapport du Comité permanent de la Santé LE RAYONNEMENT ÉLECTROMAGNÉTIQUE DE RADIOFRÉQUENCES ET LA SANTÉ DES CANADIENS tel qu’expliqué ICI dans les conclusions tirées par l’organisme Canadians for Safe Technology qui déplorait vivement le fait que la ministre Philpot dans sa réponse « – Refuse d’informer les Canadiens sur l’utilisation sécuritaire de leurs appareils sans fil. – Fait de la fausse représentation sur les directives de sécurité du Canada par rapport à celles d’autres pays. – Refuse d’investir directement dans les ressources pour comprendre l’hypersensibilité électromagnétique. – Ne respecte pas les normes scientifiques internationales en matière de revue systématique de la littérature. – Rejette le vaste corpus de documents scientifiques examinés par des pairs et prouvant clairement que le Code de sécurité 6 ne protège pas les Canadiens. »

On trouvera beaucoup plus de détails sur les conflits d’intérêts entourant McNamee dans cet article du Journal de l’Association médicale canadienne et dans Sans fil et cancer : Santé Canada dénoncé dans le Journal de l’Association médicale canadienne. Et tel qu’indiqué ICI, dans sa dernière révision du Code de sécurité 6, Santé Canada s’est borné à examiner que la preuve scientifique publiée avant le mois d’août 2014. Ainsi, le Ministère n’a pas tenu compte de plus de 500 récentes études probantes parues depuis août 2016. Parmi celles-ci, les résultats préliminaires – divulgués en mai 2016 – de l’étude du National Toxicology Program américain démontraient clairement que le cellulaire peut causer chez les rats les mêmes types de tumeurs (cancéreuses ou bénignes) que celles observés à long terme chez les grands utilisateurs (30 minutes par jour en moyenne pendant 10 ans) du téléphone portable. Une étude italienne, faite au prestigieux Institut Ramazzini et portant sur des rats exposés aux plus faibles rayonnements émis par des antennes relais, est arrivée à la même conclusion, démontrant entre autres clairement que le cellulaire cause le cancer chez des rats.

L’attitude négligente de Santé Canada peut s’expliquer par le fait que le gouvernement canadien est en total conflit d’intérêts puisqu’il empoche des milliards de dollars en mettant aux enchères des segments du spectre des ondes convoités par les entreprises de télécommunication – « Depuis la première vente aux enchères en 1999, le gouvernement canadien s’est appuyé sur ce mécanisme pour accorder des licences de fréquences sans fil (Taylor, 2012), ce qui a ajouté 14 milliards de dollars aux recettes générales » rapportait une analyse du CRTC réalisée en 2017. Et c’est sans compter les autres ventes relatives à la technologie cellulaire de cinquième génération (5G) prévues pour 2019, 2020 et 2021 tel qu’indiqué ICI. Faudra-t-il forcer la main du gouvernement en le traînant devant les tribunaux pour l’obliger, comme en Italie, à lancer une véritable campagne de sensibilisation des Canadiens à cet égard? Déjà en 2015, le Journal de Montréal soulevait cette question : « Les gouvernements nous protègent-ils suffisamment contre les possibles effets à long terme que pourraient avoir nos téléphones cellulaires sur notre santé? Plus de 190 scientifiques provenant de 38 pays considèrent que non », comme on pouvait le lire dans son article Effets du téléphone cellulaire sur la santé: des scientifiques tirent la sonnette d’alarme.

 

Plus de doute, selon un expert

En juin 2018, un conseiller de longue date de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) affirmait que les études NTP et Ramazzini justifiaient que l’OMS rehausse le niveau d’alerte en faisant passer les radiofréquences du Groupe 2B – « peut-être cancérogènes pour l’homme » – au Groupe 1 – « cancérogène pour l’homme ». – L’avis du Dr Anthony Miller, disponible ICI (voir les extraits de sa conclusion traduits plus bas) devrait obliger Santé Canada à modifier son attitude dangereusement insouciante jusqu’ici. Le Dr Miller, 87 ans, est l’ancien responsable des études épidémiologiques à l’Institut national du cancer à Toronto. C’est à lui qu’a fait appel le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) de l’OMS, en 2011, pour réviser les références citées par le comité d’experts qui a recommandé au CIRC de classer les radiofréquences (RF) dans le groupe 2B.

Malheureusement, les citoyens canadiens sont abandonnés à leur sort, et beaucoup d’entre eux en souffrent déjà gravement. Or pour la plupart ils ignorent tout des risques graves et avérés qu’ils courent à moyen et long terme de développer un gliome, le type de cancer du cerveau le plus mortel. Il serait pourtant si éminemment prudent de lancer une campagne comparable à celle sur les risques liés à l’utilisation du cellulaire au volant. Ceci aiderait beaucoup à contrer l’aveuglement collectif face aux risques des RF pour la santé, et plus particulièrement pour celle des enfants et des femmes enceintes exposés inconsidérément à ces micro-ondes cancérogènes qui polluent nos maisons et notre environnement.

La situation va hélas s’aggraver considérablement avec le déploiement à grande échelle dans les villes canadiennes d’ici 2025 de milliers de nouvelles antennes pouvant chacune compter plus de 1 024 mini-antennes (leur énorme puissance combinée est expliquée ICI) nécessaires pour le fonctionnement de la 5G. Devant l’inconscience généralisée dans les médias et la population face aux risques accrus que représentent les ondes millimétriques, on ne peut guère s’étonner de voir des médias comme L’Actualité, (propriété de Rogers Communications), se plaindre de la lenteur de l’arrivée de la 5G dans son texte Le Canada (finalement) en route vers la 5G. Les antennes 5G seront installées sur les poteaux et les lampadaires aux 150 mètres dans les quartiers habités parce que leurs micro-ondes dans les hyperfréquences, semblables à celles émises par les scanneurs corporels dans les aéroports, sont facilement bloquées par les feuilles d’arbres, murs et autres objets. Elles devront donc être émises avec une très forte puissance pour vaincre ces barrières physiques à leur propagation. Comme le proverbial crapaud dans un chaudron d’eau qui se laisse mourir plutôt que de se sauver parce que l’eau est amenée très lentement à ébullition, tout indique que les Canadiens vont payer très cher leur insouciance collective dans l’utilisation abusive des technologies sans fil, une insouciance encouragée aux plus hauts niveaux par le déni sciemment entretenu à l’égard des risques réels – et avérés maintenant que la preuve scientifique ne laisse plus la moindre place au doute à ce sujet.

L’avis du Dr Miller

Voici notre traduction d’extraits clé de l’article cosigné par le Dr Miller, Cancer epidemiology update, following the 2011 IARC evaluation of radiofrequency electromagnetic fields.

« Les études épidémiologiques présentées depuis la réunion du groupe de travail du CIRC en 2011 permettent de considérer les radiofréquences (RF) comme un cancérogène probable pour l’homme (groupe 2 A). Cependant, elles doivent être complétées par les données animales récemment rapportées, telles que réalisées par le Ramazzini Institute, par le National Toxicology Program des États-Unis, ainsi que par des études mécanistes (visant à déterminer par quel mécanisme biologique ou chimique un effet observé a pu être produit). Ces résultats expérimentaux ainsi que l’épidémiologie examinés ici sont suffisants à notre avis pour hausser la catégorisation par le CIRC des RF au Groupe 1, cancérogène pour l’homme.

… à la lumière de l’évolution de la science concernant les expositions au téléphone mobile et aux écrans et le risque à long terme de cancer établi par les études épidémiologiques et toxicologiques, les preuves actuelles sont suffisamment solides pour permettre de passer de la précaution concernant un risque possible à la prévention des risques connus.

… De plus, des méthodes devraient être développées et validées pour réduire les expositions dans les écoles, les lieux de travail, les hôpitaux et les autres lieux de travail. Le principe de précaution devrait être appliqué dès maintenant et des messages d’avertissement appropriés devraient être adressés aux adultes et plus crucialement encore aux enfants et à leurs parents. D’ici à ce que des technologies réduisant considérablement les expositions aient été mises au point, des efforts spéciaux devraient être mis en place pour garantir que les expositions des enfants soient limitées à celles jugées essentielles.

… Jusqu’à présent, des recherches ont été menées sur les technologies déjà introduites, mais il est indispensable de mener de semblables recherches sur les nouvelles technologies non testées avant leur utilisation. Les études épidémiologiques confirment manifestement l’impact des expositions passées, tandis que les études expérimentales fournissent des indications sur les risques futurs. Par conséquent, des évaluations expérimentales et de la modélisation sont essentielles avant le déploiement de systèmes plus récents (par exemple, la 5 G) pour lesquels aucune donnée de sécurité n’a été obtenue. L’absence de tests systématiques sur ces technologies ne doit pas être confondue avec une preuve de sécurité.

… Entre temps, les preuves accumulées jusqu’ici par l’épidémiologie plaident en faveur de l’instauration du principe de précaution en ce qui concerne les expositions aux RF, en particulier chez les jeunes enfants et les hommes et les femmes qui souhaitent se reproduire. L’absence d’études détaillées à ce stade reflète une attitude myope à l’égard de la technologie, qui pourrait bien s’avérer être une pensée chimérique et dangereuse. Lorsque des études ont été menées sur la quantité et la qualité du sperme humain, de plus en plus d’incidences sérieuses sur la santé humaine ont été rapportées. Ignorer ces résultats et soumettre les êtres humains à de nouvelles radiofréquences non évaluées met les générations actuelles et futures en danger. »

– En complément, voir également les RAISONS DE SE FAIRE ENTENDRE pour demander un moratoire au déploiement de la 5G.

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2 Responses

  1. WILLY RHEIN

    Le radon. Le moyen facile pour les autorités de trouver depuis des décennies une origine du cancer des poumons qui fait peur et peu compréhensible du Grand Public (nucléaire). Le radon côtoie les humains depuis leur existence sur Terre et leur génétique y est adapté. Le radon peut causer problème uniquement dans un milieu de vie hermétique (absence de ventilation ou d’échangeur d’air) où l’uranium ou le thorium (parents du radon) sont en grande concentration. Ce modèle d’habitation ou d’édifice n’existe pas en 2019 dans notre belle province.
    Le radon est problématique en Industrie où l’absence de ventilation doit être corrigée.

    Alors quel est l’origine de ces cancers des poumons? D’où viennent ces épisodes de smog? Se poser la question, c’est y répondre… Quand dans notre pays des droits acquis de polluer sont délivrés par le gouvernement pour des raisons économiques.

    l’accident de Techernobyl a démontré oh combien la pollution voyage autour de notre planète. Mais l’exemple commence à notre porte.

    Rêvons à un monde meilleur mais avec une vérité sur le cancer des poumons. Je ne crois pas que que le radon ait tué un jour plus que les autos. Qu’est ce qu’un expert? Avoir suivi une formation et être ingénieur? Désolé. Je suis septique. .. Un expert en mesure de radon, un expert en origine du radon … il ne manque plus qu’une réflexion plus approfondie.

    Salutations et respects pour vos travaux d’information sur l’électrosmog.

    Un militant de long terme pour la santé sur Terre

    1. André Fauteux

      Bonjour Willy,
      Je suis d’accord quand vous dites que « des droits acquis de polluer sont délivrés par le gouvernement pour des raisons économiques ». Toutefois, peu importe son origine, le rayonnement ionisant (nucléaire, atomique ou issue du sol comme le radon) est cancérogène. On sait depuis plusieurs années que les mineurs surexposés au radon font plus de cancers du poumon. La difficulté est d’extrapoler le risque pour un mineur à celui d’une personne qui habite dans une maison. Santé Canada a longtemps dit que le risque était trop élevé à 800 Becquerels par mètre cube, tandis que l’Europe parlait de 400 Bq/m3 et les États-Unis de 150 Bq/m3. Notre Ministère s’est rallié en 2007 en abaissant sa ligne directrice (cible d’action) à 200 Bq/m3, d’autant plus que l’OMS parle aujourd’hui de 100 Bq/m3. C’est cet abaissement qui a fait « augmenter » artificiellement le nom de décès estimés au pays. Les décès de la route ont diminué parce que la SAAQ a investi des millions dans les campagnes contre la rage et l’alcool au volant et parce que le Code de la route est plus sévère. Ne prenez pas le radon à la légère, on sait qu’il augmente le risque de cancer du poumon et d’autant plus si on est fumeur et si on est beaucoup exposé au smog, par exemple du chauffage au bois et des émissions de diésel. Comme 10 % des maisons québécoises ont une concentration de plus de 200 Bq/m3, mesurer le radon et l’atténuer s’il dépasse ce seuil est une façon sûre de réduire son risque de cancer du poumon. Merci de votre bon feedback.

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