L’alimentation au secours des troubles neurodéveloppementaux

Nathalie Champoux, auteure et conférencière

nathaliechampoux.com

Extrait de son second livre Santé! Le guide pour toute la famille, éditions Fides, 2017, 440 pages, dont plus d’une centaine de recettes saines et savoureuses.

Dans mon premier livre, Être et ne plus être autiste ou comment ma famille a vaincu l’autisme… naturellement (Fides, 2015), je racontais comment, après avoir complètement modifié l’alimentation de mes deux fils aînés, mais aussi après avoir régénéré leur microbiote, éliminé les infections sous-jacentes et transformé leur mode de vie, j’ai réussi à renverser le diagnostic d’autisme qui avait été posé à l’été 2011. Plus de sept années ont passé depuis ce jour fatidique où on m’a assurée qu’il n’y avait rien à faire pour changer la condition de mes enfants.  

Aujourd’hui, alors que ceux-ci rayonnent de santé et de bien-être, je continue de transmettre mon message d’espoir non seulement aux familles dont un enfant présente une condition neurodéveloppementale, mais aussi à toutes les personnes qui, un jour, ont reçu un diagnostic qualifié d’« irréversible » par la communauté médicale. Enfin, mon message s’adresse aux personnes qui ne prennent pas leur santé pour acquis et qui souhaitent la préserver.

Évidemment, l’extrait présenté ci-dessous ne vise pas à retracer notre parcours ni à expliquer chacune des étapes qui l’ont jalonné, mais il a pour but de donner un bref aperçu de l’alimentation que ma famille a adoptée. Une alimentation qui repose sur la consommation de produits frais, entiers et biologiques, exempts de gluten, de caséine, de soya, de maïs, de sucres raffinés, de colorants, d’additifs alimentaires, d’OGM. Afin d’aider les gens qui débutent dans cette aventure, j’ai surtout envie de dire ce que nous mangeons, plutôt que ce que nous ne mangeons plus! J’ai également envie de faire remarquer aux lecteurs à quel point les menus de ma famille sont variés et équilibrés, en plus d’être sains et savoureux.

Remplir son garde-manger d’aliments sains

Avant d’adopter le régime, voici une liste de base des essentiels à se procurer afin d’avoir sous la main les ingrédients nécessaires à la réussite de recettes conformes et goûteuses.

Notez que les ingrédients en caractères gras sont plus susceptibles de provoquer des allergies ou le développement d’intolérances.

 

Produits

 

Variétés

 

Astuces

Huiles vierges et extra vierges, pressées à froid

Olive, sésame, noix, noisette, chia, avocat, canola bio, noix de coco

 

 

À l’exception des huiles d’olive et de noix de coco, toutes les huiles doivent être conservées au réfrigérateur, car leur nature instable pourrait entraîner leur rancissement.

Aussi, pour conserver leurs propriétés, ces huiles ne devraient pas être chauffées, à l’exception des huiles de canola et de noix de coco. À la rigueur, l’huile d’olive peut être chauffée, mais jamais jusqu’à son point de fumée, car cela lui ferait perdre ses propriétés et pourrait provoquer la formation de composés toxiques.

Enfin, n’hésitez pas à ajouter un filet d’huile d’olive crue (de 2,5 ml à 5 ml [de ½ à 1 c. à thé]) sur votre repas et celui de vos enfants pour l’enrichir de bons gras, qui favorisent l’assimilation des vitamines liposolubles (A, D, E et K) et qui améliorent les activités cellulaires et la santé mentale.

Vinaigre de cidre de pomme

La pomme comptant parmi les fruits les plus contaminés par les pesticides, optez pour un vinaigre de cidre biologique non pasteurisé.

Les autres vinaigres ne sont pas recommandés (le vinaigre balsamique contient presque toujours des sulfites, du sucre et du colorant de caramel, et le vinaigre blanc n’a aucune valeur nutritive). On devrait plutôt réserver ce dernier à l’entretien de la maison.

 

En plus de servir à la préparation de vos vinaigrettes, le vinaigre de cidre possède de nombreuses vertus thérapeutiques. Par exemple, ajouté à de l’eau tiède, il constitue un excellent gargarisme pour soigner les maux de gorge.

Épices et fines herbes

Les variétés sont aussi nombreuses que leurs propriétés. N’hésitez pas à les intégrer à vos mets.

Notez toutefois que la graine de moutarde (et la moutarde, de surcroît) est plus susceptible de provoquer des allergies ou le développement d’intolérances.

 

 

Choisissez des épices et fines herbes biologiques ou, à tout le moins, certifiées sans gluten, car on leur ajoute souvent de la farine de blé pour empêcher leur agglomération, particulièrement dans les mélanges d’épices. Méfiez-vous également des épices et fines herbes irradiées qui, bien qu’elles soient approuvées par Santé Canada, ont perdu leurs valeurs nutritives et thérapeutiques.

Enfin, pour une fraîcheur accrue et un maximum d’arôme, optez pour des épices entières, que vous pourrez moudre au moulin ou au mortier. Assurez-vous de les conserver dans des contenants hermétiques, au frais et à l’abri de la lumière.

Céréales, y compris les farines, pâtes et flocons

 

Quinoa, sarrasin, millet, riz, amarante, fonio, kaniwa

* Le sorgho et le tef, même s’ils ne sont pas interdits en principe, peuvent causer du tort à certaines personnes en raison d’une contamination possible, voire probable, par du gluten[1]

Les céréales, farines et flocons — même s’ils sont sans gluten — sont des glucides qu’on dit complexes. Lors de la digestion, ils se transforment en sucres et contribuent à nourrir, entre autres, les micro-organismes pathogènes de l’intestin. Ce faisant, ils peuvent créer une résistance au mieux-être et ralentir le processus d’amélioration de la santé. On devrait donc réduire leur consommation au minimum. Nombre de personnes doivent même les exclure complètement de leur alimentation (régimes paléo et GAPS) pour obtenir des résultats concluants.

Si vous choisissez de les conserver au menu, tentez de ne pas consommer de riz sous forme de grains ou de boisson végétale. Le riz est une céréale hautement glucidique.

Légumineuses 

Lentilles vertes, brunes et corail, pois chiches, haricots rouges, blancs, noirs, mungos

 

 

Il est recommandé de rincer et de faire tremper les légumineuses durant 12 heures. Par la suite, la germination permettra d’augmenter leur valeur nutritive, de favoriser l’assimilation de leurs vitamines, minéraux et nutriments, et d’en faciliter la digestion.

Noix et beurres de noix

Amande, noix de cajou, noix de macadam, noix du Brésil, noix de Grenoble, pacane, noisette, pistache, arachide

 

Il est fortement recommandé de faire tremper les noix durant 12 heures, puis de les rincer avant de les consommer. Pourquoi ? Pour :

• neutraliser ou éliminer les inhibiteurs d’enzymes présents naturellement dans les noix et les graines (ces inhibiteurs rendent les noix soit légèrement toxiques, soit irritantes);

• produire des enzymes bénéfiques et ainsi faciliter la digestion;

• augmenter la teneur en vitamines (principalement en vitamine B, qui est très bénéfique pour le système nerveux).

Les noix restent fraîches beaucoup plus longtemps lorsqu’elles sont conservées au réfrigérateur, dans des bocaux en verre.

 

Elles se consomment évidemment crues, mais également sous forme de beurres. Par contre, choisissez des beurres naturels, et non ceux du commerce qui contiennent du sucre, et souvent du soya et des gras hydrogénés.

 

Graines et beurres de graines

 

Chanvre, chia, lin, sésame, citrouille, tournesol

 

Tout comme les noix, les graines (à l’exception du chia et de la graine de lin) doivent elles aussi être trempées, mais seulement durant 4 heures.

 

La graine de citrouille a des propriétés vermifuges intéressantes.

 

Quant aux graines de chanvre et de chia, elles méritent qu’on leur accorde plus d’importance. Elles sont d’excellentes sources d’omégas-3 et d’omégas-6, et elles fournissent un bon apport en protéines. Par ailleurs, la graine de chanvre contient les 8 acides aminés essentiels.

 

Conservez les graines au réfrigérateur.

 

Algues 

Kombu, main-de-mer palmée, aramé, hijiki, feuilles de nori, spiruline, chlorelle, agar-agar

 

Les algues ont de multiples utilisations. Par exemple, vous pouvez saupoudrer des flocons de main-de-mer palmée (dulse) sur vos salades, faire des rouleaux de printemps avec des feuilles de nori ou ajouter un soupçon de chlorelle à vos frappés (cette algue est d’ailleurs un chélateur naturel de métaux lourds).

 

Toutefois, assurez-vous qu’elles ont été recueillies au large des côtes, dans des zones non contaminées. Rappelons qu’une algue sert à purifier son milieu environnant, ainsi elle absorbera les déchets industriels circulants dans son milieu.

Sel complet 

Sel gris ou sel rose de l’Himalaya

Présentant de nombreux bienfaits pour la santé, le sel rose est le sel le plus pur sur le marché. Il contient plus de 80 minéraux et oligo-éléments, notamment du fer, du calcium et du potassium. Grâce à la structure cristalline de ce sel, ces éléments peuvent être facilement assimilés par les cellules de l’organisme.

Bannissez le sel de table, qui a perdu la majorité de ses sels minéraux durant son raffinement et dont la forte teneur en sodium contribue à l’hypertension artérielle.

Quant au sel de mer, il constitue un meilleur choix que le sel de table, mais il est raffiné dans certains cas, sans compter qu’il provient d’océans de plus en plus pollués.

Poivre noir

 

 

De nombreuses études soulignent les bienfaits thérapeutiques du poivre noir. Éveillées par le poivre, les papilles gustatives stimulent l’estomac pour qu’il sécrète de l’acide chlorhydrique, qui améliore considérablement la digestion.

ATTENTION ! En cas de perméabilité intestinale, retirez le poivre de votre alimentation, car il contribue bien souvent à entretenir cette condition.

 

Sauce d’assaisonnement à base de noix de coco sans soya

 

 

Vendue dans les magasins d’aliments naturels, elle est un excellent substitut à la sauce soya.

Sucres naturels 

Miel non pasteurisé, sirop d’érable pur et stévia

Comme pour le reste, il est important de favoriser des produits biologiques, et dans le cas du miel, locaux.

 

Lait et crème de coco en conserve

 

Lisez bien les étiquettes, car on ajoute parfois du sucre à la crème de coco.

 

Nous vivons à une époque où les aliments qui se retrouvent dans notre assiette ont été génétiquement modifiés, transformés à l’extrême, arrosés d’herbicides et d’insecticides, additionnés de sucre, de liants, d’épaississants, de saveurs artificielles et d’une foule d’autres substances aussi chimiques que nocives. Ils ont par la suite été mis dans des boîtes de plastique ou d’aluminium et sont devenus concentrés en métaux lourds, en plus d’être dénués de leurs valeurs nutritives. Enfin, ils ont été chauffés à température élevée ou, pire encore, dans des fours à micro-ondes. 

Doit-on être surpris qu’à l’époque où toutes ces manipulations ont commencé (il y a une quarantaine d’années environ), les maladies inflammatoires, chroniques et auto-immunes, de même que l’autisme et tous les autres troubles neurodéveloppementaux (TDAH, dyslexie, dyspraxie, syndrome de Gilles de la Tourette, troubles d’apprentissage et de langage, troubles anxieux, etc.), ont connu une croissance phénoménale et surtout, alarmante? Bien sûr, l’alimentation n’est pas le seul coupable dans l’affaire, car un ensemble de phénomènes environnementaux (prise massive et répétée d’antibiotiques, exposition aux moisissures, aux produits chimiques et aux champs électromagnétiques), particulièrement nocifs durant la petite enfance, ont mis le feu aux poudres. Mais sans être le seul facteur de nos problèmes de santé, l’alimentation moderne est l’un des principaux éléments dans l’équation.

Bref, le message que je souhaite véhiculer est que les principaux déterminants de notre santé se retrouvent non pas dans la génétique (même si celle-ci a une part à jouer), mais prennent davantage racine dans l’épigénétique (étude des mécanismes de modification réversible de l’expression des gènes). Si on souhaite préserver ou retrouver notre santé, il n’en tient qu’à nous d’en prendre soin. Ce ne sont ni notre gouvernement ni les médecins qui le feront. À mes yeux, l’alimentation telle que je la prône est la toute première clé à considérer dans une  démarche vers le mieux-être — après tout, la nourriture n’est-elle pas notre carburant? Ensuite, il faudra franchir d’autres étapes tout aussi importantes, mais n’oubliez pas qu’avec un esprit sain dans un corps sain, il sera beaucoup plus facile de trouver l’énergie et la conviction nécessaires pour vous mettre en marche.

Santé!

Critique de ce livre : https://nousrire.com/2017/06/14/inspirations-de-nousrire-sante-guide-toute-famille/

[1] Jacqueline LAGACÉ, Comment j’ai vaincu la douleur et l’inflammation chronique par l’alimentation, Éditions Fides, 2011.

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