Polytechnique poursuit sa désinformation sur les radiofréquences

Polytechnique poursuit sa désinformation sur les radiofréquences

 

L’incidence de certaines tumeurs cérébrales a augmenté de 35 % en Australie de 2000 à 2008 et de 50 % en Angleterre depuis 1999. Photo : www.next-up.org

L’étude sur les radiofréquences, publiée hier par Polytechnique et Protégez-Vous, reprend malheureusement la stratégie employée par les faiseurs d’image de l’industrie en détournant l’attention des véritables questions d’intérêt public : pourquoi déjà environ 10 % des Européens disent-ils souffrir d’hypersensibilité électromagnétique (HSEM) et pourquoi l’incidence de certains cancers du cerveau augmente-t-elle sans cesse depuis les années 2000?

Contrairement à ce que croient certains médecins et malgré l’absence de preuves concluantes sur la question, le syndrome d’électrosensibilité n’a rien de psychosomatique et va en augmentant, selon l’oncologue parisien Dominique Belpomme, l’Association médicale autrichienne et diverses études scientifiques répertoriées sur www.powerwatch.org.uk. Les Européens souffriraient davantage de HSEM pour avoir adopté massivement les cellulaires et autres technologies sans fil plus précocement que nous, en plus d’être davantage exposés aux radiofréquences de types micro-ondes de par leur plus forte densité d’occupation du territoire. Et selon huit études indépendantes, le risque de tumeur cérébrale augmente significativement après dix ans d’usage régulier d’un cellulaire et ce en particulier chez les jeunes et du même côté où l’on tient le combiné.

En 2000, le Conseil des ministres nordiques (de la Scandinavie et du Danemark) a reconnu en 2000, dans sa classification des maladies professionnelles, que les symptômes d’intolérance électromagnétique « disparaissent dans les environnements non électriques ». La Suède l’a reconnu comme un handicap donnant droit à un environnement adapté où les niveaux de CEM sont faibles, bien que le gouvernement actuel (plus à droite) n’applique pas cette politique recommandée également par la Commission canadienne des droits de la personne.

Causes de l’électrosensibilité
Selon plusieurs médecins et chercheurs spécialisés en HSEM, certaines personnes surexposées aux CEM deviennent électrosensibles à cause de susceptibilités génétiques, d’une intoxication aux métaux lourds et/ou le fait de s’être fait poser un implant métallique agissant comme une antenne captant les CEM. La mère du développement durable, Gro Harlem Brundtland, est devenue temporairement aveugle et électrosensible en permanence après un accident survenu avec son four à micro-ondes.

La HSEM est difficile à diagnostiquer, explique le cardiologue américain William J Rea, spécialiste des hypersensibilités environnementales. C’est que chaque personne peut réagir à des fréquences de CEM différentes, souvent plusieurs heures après l’exposition, et à des doses des milliers de fois inférieures aux normes canadiennes et internationales. Le respect de celles-ci, invoqué par l’étude de Polytechnique, n’a donc rien de rassurant. En 2011, le Conseil d’Europe, qui conseille les États membres de l’Union, a adopté une résolution remettant ces normes en question et recommandant de réduire le plus possible l’exposition aux CEM, en particulier chez les enfants car ils sont plus vulnérables aux rayonnements. Le 16 novembre dernier, l’ancien président de Microsoft Canada Frank Clegg, dont la femme est électrosensible, lançait une Coalition contestant le fameux Code de sécurité 6 de Santé Canada afin de promouvoir un usage sécuritaire des technologies.

Les déclencheurs des symptômes d’électrosensibilité? Vraisemblablement les pics de haute puissance (ignorés par Hydro-Québec et les chercheurs de Polytechnique qui ne mesurent que la densité de puissance moyenne sur 24 heures) et les hautes fréquences transitoires qui sont pulsées sur le réseau électrique et dans les bâtiments par les appareils électroniques commutés, comme les compteurs intelligents qui en pulsent 24 heures par jour. C’est ce qu’affirme notamment l’épidémiologiste américain Sam Milham qui fut le premier chercheur à découvrir un lien entre la leucémie et la surexposition aux CEM chez les travailleurs.

Normes inadéquates
Depuis plusieurs années, des experts indépendants soulignent que les normes internationales sur les CEM mettent la santé publique en péril : c’est qu’elles ne concernent que les effets thermiques aigus à court terme et non les effets non thermiques comme les divers symptômes d’EHS et le cancer. Parmi ces experts, l’un des signataires du fameux rapport BioInitiative dénonçant ces normes laxistes, David Gee, coordonnateur des sujets émergents à l’Agence européenne de l’environnement. Dans un chapitre de ce rapport, il affirme que les autorités de santé publique auraient pu épargner des millions de vies si elles n’avaient pas écouté les faiseurs d’image de l’industrie du tabac, du plomb et autres pesticides. Il faut écouter, dit-il, les chercheurs sonneurs d’alarme qui sont férocement attaqués lorsqu’ils disent que, malgré l’incertitude scientifique, les preuves de dangers pour la santé publique suffisent pour appliquer le principe de précaution.

Selon les rares études sur la question, il y a lieu de vivre à au moins 500 mètres d’un antenne relais de téléphonie cellulaire si son faisceau pointe en notre direction, et jusqu’à 6 km des antennes FM comme celle de Radio-Vatican qui a causé des cancers chez ses voisins, selon une décision de la Cour suprême de l’Italie. Et on ne compte plus les mises en gardes de pays comme l’Allemagne et l’Angleterre qui conseillent de réduire l’exposition aux micro-ondes émises par les cellulaires, appareils qui selon Londres ne devraient être utilisés par les moins de 15 ans qu’en cas d’urgence.

Les lignes directrices de l’Association médicale autrichienne au sujet des maladies reliées aux CEM recommandent de se baser sur les recommandations de l’Institut allemand des Bau-biologistes (biologistes du bâtiment). Pour les radiofréquences pulsées, celui-ci souligne que certaines personnes commencent à réagir dès une exposition de 0,1 microwatts par mètre carré (µW/m²), alors que le Code de sécurité 6 de Santé Canada tolère au moins 6 millions de µW/m². En 2000, la Résolution de Salzbourg sur les antennes de téléphonie mobile recommandait une valeur limite de 1 µW/m².

Il ne faut pas se leurrer, en science, tout dépend de ce que l’on mesure, et nos hypothèses et méthodes sont généralement influencées par ceux qui nous financent.

La Brigade électro-urbaine est financée par le fabricant de logiciels Lorne Trottier qui est webmestre du site emfandhealth.com. Ce site est rédigé notamment avec Michel Plante, médecin à l’emploi d’Hydro-Québec et consultant auprès de Rogers Comunications. Le Dr Plante fut aussi consulté par l’Organisation mondiale de la santé pour établir ses normes laxistes.

Il est malheureux que Protégez-Vous ait participé à cette mascarade.

En mai dernier, MM. Trottier et Gervais publiaient une lettre ouverte/pétition signée par 63 personnes sur la prétendue innocuité des compteurs intelligents. Voici une réplique signée par une cinquantaine de médecins et d’experts internationaux ayant publié des centaines d’études sur les effets sanitaires des CEM :
https://maisonsaine.ca/sante-et-securite/electrosmog/compteurs-intelligents-experts-denoncent-desinformation-flagrante.html 

1 Response

  1. Marie-Noelle

    L’homo scientificus a la fâcheuse habitude de s’imaginer tout savoir… Pourtant, il n’y a pas à chercher bien loin pour reconnaître le &&pattern&&. On déverse nos déchets dans un cours d’eau, le cours d’eau les emporte au loin, on ne les voit plus, il n’y a pas de problème. Alors on déverse beaucoup de déchets et éventuellement on se rend compte que ça a des conséquences néfastes non seulement sur la vie aquatique, mais sur nous-mêmes! C’est la même chose avec les ondes. On a un petit appareil qui émet des micro-ondes, on mesure les effets à court terme et ils sont négligeables, alors on crée une multitude de petits appareils semblables et un jour, on se rendra compte qu’on a exagéré et qu’on a complètement pollué notre environnement électromagnétique avec tout ce que ça implique au niveau de la santé… Est-ce que l’humain apprendra un jour à accepter qu’il n’est pas omnisicent et qu’il y a encore beaucoup de choses qu’il n’est pas en mesure d’envisager et de prévoir? Alors peut-être apprendrons-nous collectivement la modération, et on se rendra compte que c’est vrai que ça a meilleur goût!

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