Six compteurs situés dans une chambre. http://villerayrefuse.wordpress.com/

Six compteurs situés dans une chambre. http://villerayrefuse.wordpress.com/

Hydro-Québec a beau promettre de réduire les frais d’option de retrait (98$ une fois puis 17 $ par mois) facturés aux gens qui ne veulent pas de compteur émetteur de radiofréquences soupçonnées cancérogènes, cela n’aidera en rien les gens qui vivent avec plusieurs compteurs installés dans leur logement ou tout près, déplore Marie-Michelle Poisson, initiatrice du mouvement Villeray Refuse et membre du collectif Refusons les Compteurs. Voici ses commentaires. 

La réduction des frais ne règle rien dans les cas de personnes aux prises avec des compteurs groupés dans leur appartement ou encore les cas où les personnes sont exposées au rayonnement des compteurs des voisins. Il faut savoir que la demande de retrait ne peut être faite qu’au nom de l’abonné, ce qui fait que même si tous les compteurs de l’immeuble sont dans votre salon ou votre cuisine, vous ne pourrez jamais demander de les faire enlever selon les modalités de l’option de retrait actuelle à moins que votre voisin d’immeuble se montre solidaire et accepte de faire la demande pour votre bien-être. Le même raisonnement est aussi valable pour les compteurs des voisins qui émettent des ondes jusque dans votre domicile ou dans la cour où les enfants jouent, ce qui a été observé dans les banlieues où le compteur du voisin est situé souvent à moins de 15 pieds d’une propriété…

À 90 % dans les logements

Que faites-vous lorsque tous les compteurs de l’immeuble que vous habitez se trouvent dans votre logement? On retrouve souvent 3, 5 ou 10 compteurs au sous-sol ou dans une pièce du rez-de-chaussée! Que diriez-vous d’avoir 5 de ces compteurs qui émettent des ondes pulsées de 65 000 microwatts par mètre carré à un mètre de distance (surpassant les émissions de tous les autres appareils domestiques) à toutes les 20 secondes en moyenne, 24 heures sur 24, 7 jours sur 7 dans votre salon ou pire encore, dans la chambre de vos enfants? Dans les quartiers centraux de Montréal, notamment dans Rosemont, Villeray, le Plateau ou Verdun, 90 % des compteurs se trouvent dans les logements. Dans Villeray, 70 % des compteurs se trouvent dans des cuisines.

Comme le client (locataire ou propriétaire, peu importe…) ne peut demander l’option de retrait que pour son seul abonnement, il ne pourra pas faire retirer les autres compteurs qui se trouvent pourtant dans son domicile à moins de convaincre ses voisins d’immeuble de payer des frais prohibitifs ou d’accepter de payer pour eux s’ils acceptent de faire le demande! Multiplier les frais de retrait par 3, 5 ou 10 n’est à la portée de personne. Les situations décrites ici et qui sont la norme dans les quartiers centraux de Montréal sont parfaitement injustes puisque un seul logement se trouve à assumer les risques pour tout l’immeuble. Pouvez-vous me dire comment on peut invoquer le principe du “demandeur payeur” dans de telles conditions?

Il est bien certain que des gens qui n’ont aucun compteur présent dans leur environnement immédiat, aucun compteur dans une chambre d’enfant, aucun compteur groupé dans le salon d’une personne en rémission de cancer, ne penseront pas que le principe du “demandeur payeur” est un pur scandale. Que feriez-vous si vous, personnellement, étiez aux prises avec 5 compteurs au sous-sol, directement sous votre lit et que vous éprouviez depuis l’installation des compteurs des étourdissements, des maux de tête et des saignement de nez? (Témoignages de 6 cas similaires dans Villeray seulement). Honnêtement.

Routeur faisant partie de l'infrastructure de lecture à distance des compteurs nouvelle génération. http://villerayrefuse.wordpress.com/

Routeur faisant partie de l’infrastructure de lecture à distance des compteurs nouvelle génération. http://villerayrefuse.wordpress.com/

L’exposition aux ondes est cumulative. Plusieurs personnes habitant dans un immeuble à logement multiples sont aux prises avec 5, 10, 20 ou même 100 compteurs dans leur domicile ou dans une pièce attenante (chambre de compteurs) dont le rayonnement parvient aux espaces habités comme des chambres à coucher. Dans les cas de compteurs multiples, l’option de retrait est totalement inapplicable et c’est un vrai scandale. Nous avons aussi plusieurs cas de mises en demeure envoyées à Hydro-Québec de faire retirer un routeur installé dans un poteau parce qu’il rend malade aussi.

Voilà pourquoi il faut abolir les frais liés à l’option de retrait et imposer immédiatement un moratoire sur ce projet insensé.

Seule l’abolition totale des frais de retrait et de lecture peut rendre la politique de retrait équitable et applicable pour l’ensemble de la population.

Réponse consternante du ministère de la santé

Le 7 octobre 2013, le comité santé du collectif Refusons les Compteurs faisait parvenir une lettre au ministre de la Santé du Québec.  Dans notre lettre, nous demandions expressément au ministre de tenir compte d’importants facteurs de risque d’exposition qui n’ont jamais été contrôlés par aucune étude scientifique et d’exercer son devoir de vigilance tel que le stipule la loi de la Santé Publique.

Un mois plus tard, le directeur national de la santé publique et sous-ministre adjoint Horacio Arruda nous envoyait une réponse consternante.

Elle ne fait aucune mention des facteurs de risque inédits que nous avons bien pris soin de porter à l’attention du ministre et ne fait aucune référence à la loi de la Santé publique que nous avions pourtant légitimement invoquée. De plus, le ministre ne daigne même pas répondre lui-même; a-t-il seulement pris la peine de lire notre lettre ?

Nous posons de vraies questions, nous voulons de vraies réponses. Il faut que cesse ce dialogue de sourd.

Nous invitons toutes les personnes qui connaissent des problèmes de santé depuis l’installation de ces compteurs à écrire une lettre de protestation adressée personnellement au docteur Réjean Hébert, ministre de la Santé et des Services sociaux (ministre@msss.gouv.qc.ca), à madame Véronique Hivon, ministre déléguée aux Services sociaux et à la Protection de la jeunesse (ministre.deleguee@msss.gouv.qc.ca), ainsi qu’au directeur de la santé publique (horacio.arruda@msss.gouv.qc.ca).

Source : Marie-Michelle Poisson villerayrefuse@gmail.com

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