Pourquoi Bourcier Ventilation préfère parfois le système Minotair

Pourquoi Bourcier Ventilation préfère parfois le système Minotair

 

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L’échangeur d’air à thermopompe de Minotair ventile, filtre, déshumidifie et climatise l’air et, surtout, le distribue partout dans la maison.

Francis Bourcier en a vu de toutes les couleurs, en matière de ventilation résidentielle.

« J’ai déjà vu un échangeur d’air des années 1980 et même un autre fabriqué maison avec des composantes de frigo et des pancartes d’agent d’immeuble!  J’ai pris un choc électrique en ouvrant la porte, il n’y avait pas de drain pour le condensat et en plus l’appareil « surventilait » sans récupérer la chaleur! »

Pour le commun des mortels, la ventilation (l’échange d’air) est une science obscure, affirme le propriétaire de Bourcier Ventilation, entreprise qui depuis un peu plus de cinq ans propose aussi des systèmes de chauffage et de climatisation. « Plusieurs consommateurs voient ça comme un système qui entre de l’air froid, alors ils le ferment en permanence ou l’utilisent seulement à l’occasion pour évacuer l’humidité dans la salle de bain et échanger l’air pendant 20 minutes. »

Humidité, pollution, chaleur, froid, isolation, étanchéité… c’est pour démystifier la science du bâtiment auprès de ses clients que Francis Bourcier s’est associé à un bachelier en génie mécanique, Jean-Sébastien Duceppe. « Nous faisons essentiellement des projets d’écohabitation. Une de nos missions est de promouvoir l’innovation technologique. »

Produit de niche haut de gamme

Bien qu’il propose des ventilateurs récupérateurs de chaleur classiques (marques Lifebreath et vänEE), dans certains cas il préfère l’échangeur d’air Boréal 12000 doté d’une petite thermopompe pouvant produire jusqu’à une tonne de réfrigération ou 12 000 BTU (unités thermiques britanniques) de chaleur lorsqu’il échange l’air. L’appareil est fabriqué par Minotair Ventilation, une entreprise québécoise fondée au printemps 2013. Jean-Sébastien Duceppe raconte : « Nous avons vendu une trentaine de leurs systèmes depuis août 2013. C’est un produit de niche haut de gamme et très performant qui  exige de véritablement cerner les besoins des gens qui s’y intéressent et de surtout s’assurer que ce produit répondra à leurs attentes. Un travail intègre en avant-projet est de mise pour maintenir la satisfaction totale chez nos clients avec ce produit. Beaucoup retiennent essentiellement la climatisation que ça peut fournir alors que c’est en réalité un bénéfice secondaire, quoique très appréciable, faisant partie d’un tout. Des gens nous ont dit : « Je veux baisser la température de quelques degrés », mais ça ne marche pas comme ça. Pour répondre à une telle demande, il faut faire le bilan thermique de la maison et bien évaluer les besoins. Au début de notre aventure avec le Minotair, il s’agissait littéralement d’un travail d’évangélisation! Maintenant, l’intérêt se mesure en plusieurs appels par jour pour ce produit, , grâce entre autres à l’essor marqué de l’intérêt pour les maisons passives.»   Celles-ci ont une demande de pointe de moins de 12 000 BTU car la certification du Passivhaus Institute (PHI) allemand exige qu’elles consomment moins de 15 kWh/m²/année en chauffage, soit 85 % de moins qu’une maison classique.

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Karl Audet, président fondateur de Minotair Ventilation.

Le Boréal 12000 est un appareil de chauffage, de ventilation et de conditionnement de l’air (CVCA) assez unique, car il fait ce qu’un ventilateur récupérateur d’énergie (VRE) fait mais davantage. En effet, il est doté d’une thermopompe, ce qui offre plusieurs avantages uniques à ce produit. « L’appareil est né du désir de son inventeur Karl Audet, ingénieur en électricité de formation, ancien officier des forces armées canadiennes, de créer le climat intérieur le plus sain et le meilleur possible tout en offrant des niveaux inégalés de confort. Tout cela en gérant tous les aspects liés à la qualité de l’air intérieur, explique Alexandre De Gagné, associé de Karl Audet et vice-président aux ventes et au marketing chez Minotair Ventilation. Insatisfait des VRC/VRE classiques, il a décidé de fonder Minotair Ventilation et de concevoir un échangeur d’air multifonction qui gérerait mieux l’humidité, un aspect de la qualité d’air intérieur oh combien important et trop souvent oublié. »

En effet, plusieurs propriétaires de maisons se privent souvent d’air frais en stoppant leur VRC ou VRE ou en réduisant l’échange d’air parce qu’il fait entrer trop d’air chaud et humide dans leur maison en été ou trop d’air froid et sec en hiver. Le Boréal 12000 permet :

• de fournir de l’air neuf en renouvelant tout le volume d’air intérieur aux trois heures tel que recommandé par la norme CSA F326;

• de fournir une climatisation ou un chauffage d’appoint (9000 BTU en mode de recirculation ou 12000 BTU en échangeant l’air);

• de récupérer la chaleur de l’air vicié expulsé en saison de chauffage;

• de déshumidifier l’air intérieur en été (jusqu’à 42 litres par jour, soit quatre fois plus que les meilleurs thermopompes murales actuelles de 9000 BTU) et de l’humidifier en hiver (avec un humidificateur optionnel);

• de récupérer automatiquement l’humidité lorsque l’air est trop sec par la recirculation, partout dans la maison, de l’air de la salle de bain lorsqu’une personne prend sa douche (une capacité unique à Minotair);

• d’épurer l’air avec un filtre à haute efficacité (HEPA niveau MERV 15);

• de monitorer en option le dioxyde de carbone (CO2) et les composés organiques volatils (COV) et de ventiler (échanger l’air) à haute vitesse lorsque leur concentration est élevée;

• et même d’être le principal système de chauffage, climatisation, déshumidification et ventilation dans le cas d’une maison à très haute efficacité énergétique, par exemple de type Passivhaus.

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Le cerveau du Boréal 12000 est un contrôleur numérique programmable par clé USB qui permet de profiter de mises à jour et d’ajouts de nouvelles fonctionnalités.

Confort et efficacité accrus

Des atouts indéniables ressentis par les usagers, comme l’explique Alexandre De Gagné : « On perçoit une nette amélioration du confort, et ce, avec une ventilation ciblée : l’apport d’air neuf est réchauffé ou refroidi et est apporté directement dans les pièces désirées, contrairement à une thermopompe murale possédant une seule sortie. De plus, notre produit a des coûts de fonctionnement positifs, en ce sens que la thermopompe intégrée crée plus d’énergie qu’elle en consomme. Donc, au fil des ans, elle se paie d’elle-même, contrairement aux VRC/VRE classiques. C’est un produit de classe mondiale avec une fabrication durable, à commencer par le boîtier fait en aluminium, un produit d’ici qui est recyclable, et plusieurs de ses composantes principales, non disponibles sur notre continent, proviennent de fabricants européens de premier plan. Le cerveau du Boréal 12000 est un contrôleur numérique programmable par clé USB. Ça permet de profiter de mises à jour et d’ajouts de nouvelles fonctionnalités au fil des ans, alors que les appareils classiques utilisent des contrôles non évolutifs sur cartes électroniques fixes. Au final, c’est un peu la Tesla des VRC/VRE avec certifications HVI [Home Ventilation Institute] et PHI à venir d’ici la fin de l’année », promet cet ancien représentant technique du fabricant de VRC/VRE canadien Fantech.

En effet, l’entreprise compte faire tester la nouvelle version de son appareil cet automne au laboratoire torontois Exova. « C’est le seul endroit où les tests exigés par le HVI sont faits selon le protocole CSA 439.09 1. Nous voulons obtenir cette certification HVI pour convaincre les bureaux d’architectes et d’ingénieurs. Ce passage obligé a été retardé, parce que Karl Audet améliore encore le rendement de la machine pour finir par débloquer des projets importants qui requièrent le sceau HVI. Pour obtenir la certification ENERGY STAR [exigée par le programme Novoclimat 2.0], ce sera plus corsé car notre appareil ne se compare à aucun autre. » Plus corsé en effet, confirme Francis Bourcier : « Les acteurs commerciaux qui ont les moyens de faire homologuer leurs échangeurs d’air ENERGY STAR ne veulent pas faire changer le marché et innover, alors que ceux qui peuvent innover n’ont pas les moyens de changer le marché. Ceux qui écrivent les normes sont en lien avec les fabricants bien établis. »

Qu’importe, ajoute Alexandre De Gagné : « Nous avons le vent dans les voiles après avoir fait huit salons et conférences spécialisées aux États-Unis depuis un an. » Francis Bourcier remarque d’ailleurs que plusieurs de ses clients sont des gens rencontrés une ou deux fois dans les salons ou des lecteurs de La Maison du 21e siècle. « Ce n’est pas un appareil pour tout le monde, dit-il. C’est pour le client qui veut un peu d’air climatisé mais qui n’aime pas la sensation de froid, qui veut surtout déshumidifier et avoir de l’air de qualité mais qui n’a pas besoin d’une thermopompe dehors. Il s’agit beaucoup de gens anti thermopompe, de marginaux, souvent autoconstructeurs, de gens éduqués, informés, allumés. »

Qui dit marché de niche dit aussi référence de bouche à oreille. « Les taux de satisfaction de nos clients sont assez incroyables, affirme M. Bourcier. Quelques minutes après l’installation du Minotair, ils sont étonnés de la gestion de l’humidité, de la température et du confort en général. Les gens qui ont la géothermie parlent d’impact sur la facture d’électricité, mais pour un système de trois ou quatre tonnes de climatisation, je n’y crois pas, parce que les coûts d’installation et de maintenance sont assez élevés. Chez moi, j’ai 1 400 pi2 habitables et ça nous coûte 2 000 $ d’électricité par année. Si on installe une géothermie de deux tonnes, le payback [rendement de l’investissement] n’est pas là. »

Deux cas concrets

Le contrôleur numérique programmable du Boréal 12000 permet d’optimiser le confort du client sur mesure. Par exemple, l’entrepreneur François Bazin l’a choisi pour la maison saine et à très haute efficacité énergétique qu’il a construite pour sa conjointe hypersensible, à Sainte-Anne-des-lacs (Laurentides). L’échangeur d’air y est raccordé à la chaudière qui alimente le plancher radiant en eau chaude et qui sert de chauffage d’appoint. « S’il y a un besoin supplémentaire de chaleur, le Minotair envoie un signal au plancher radiant qui allume la chaudière électrique qui l’alimente en eau chaude. Comme la maison a une très bonne étanchéité à l’air, le plancher radiant ne part pas souvent. Le gros avantage du Minotair, c’est en gros la centralisation du processus. »

La maison passive de Luc Bombardier, à Mont-Tremblant, est préchauffée par un puits canadien et son design solaire passif. Elle n’a donc besoin d’aucune autre source de chaleur autre que le Minotair. « C’est la maison la plus étanche que j’ai vue : 0,27 changement d’air à l’heure [à une pression de 50 pascals simulée par test d’infiltrométrie], relate Francis Bourcier. C’est impressionnant avec le puits canadien et le Minotair : on peut voir s’il fait -30 °C dehors qu’à l’entrée de la machine l’air est à zéro Celsius. Et à -4 °C, cela nous a même causé un heureux problème : il faisait tellement chaud qu’on a dû ajuster le Minotair parce qu’il se pensait au printemps et s’est mis à assécher la maison en utilisant davantage d’air extérieur! » Luc Bombardier en témoigne : « Je peux confirmer le confort obtenu grâce a l’échangeur d’air Minotair, tant en hiver qu’en été. Avec le puits canadien, en hiver a -30 °C, l’air sort de la machine entre +7 et +10 °C, et entre +15 et 17 °C quand il fait +30 °C en été. »

Le Boréal 12000 de Minotair peut fournir jusqu’à 250 pieds cubes par minute (pi3/min) d’air à haute vitesse avec des conduits de 8 po et peut être programmé pour un débit de 180 pi3/min  avec une entrée et une sortie de 6 po. Cet appareil a donc un plus haut débit et requiert des conduits de plus grand diamètre qu’un VRC ou VRE classique, car il est calibré comme une thermopompe à conduits : comme il refroidit ou réchauffe l’air, pour avoir un impact sur le confort, son débit doit être plus important que celui d’un VRC/VRE. Cela fait en sorte que les sorties d’air doivent avoir au moins 5 po de diamètre, voire 6 et 8po, au lieu de 4 po afin d’avoir une installation silencieuse malgré le débit plus élevé. Comme les plus gros conduits créent moins de restriction d’air, le système est même plus silencieux qu’un VRC. La qualité de l’installation est très importante pour bien apprécier ce produit, souligne Jean-Sébastien Duceppe.

Optimiser le débit

La qualité de l’installation du système Minotair est très importante, ajoute cet ingénieur junior. « Pour déterminer les besoins en ventilation (échange d’air), je préfère me baser sur les plus hauts débits demandés par le programme Novoclimat 2.0, qui exige 15 à 25 pi3/min  d’air par chambre ou bureau, 15 à 40 pi3/min  pour une salle ou aire commune de séjour (salon, cuisine, salle à dîner) et 15 à 25 pi3/min  par étage non déjà alimenté. Ainsi, pour une maison à aire ouverte avec trois chambres et un sous-sol sans chambre/bureau, cela correspond à une plage très large, de 75 à 140 pi3/min , avec une marge de +/- 10 %. Je trouve cette plage de valeurs complètement aléatoire. Elle ne tient pas compte de la hauteur des plafonds ni du volume de la maison. Par exemple, un client visant l’obtention de l’homologation Novoclimat 2.0, se faisant construire une maison de cinq chambres, une aire commune et un sous-sol, pourrait se voir offrir deux appareils vraiment différents. Un premier de 90 pi3/min , (fonctionnant réellement à 81 CFM en tenant compte du +/- 10%) de la part d’un entrepreneur et un autre pouvant livrer 165 pi3/min , d’un second installateur. Dans les deux cas, il serait tout autant conforme aux exigences du programme, mais les prix proposés seraient très différents, tout comme la qualité de l’air une fois en utilisation dans la vraie vie. Ça peut devenir déroutant et laisse place à un certain nivellement par le bas, plutôt qu’à un rehaussement de la qualité.Une autre façon de calculer le débit d’air de renouvellement requis, d’après moi plus adéquat pour de plus grand volumes, utilise les normes de l’ASHRAE [American Society of Heating, Refrigerating and Air-Conditioning Engineers] qui demandent  1/3 de changement d’air à l’heure. D’ailleurs, dans le secteur commercial, on doit tenir compte de la densité d’occupation et du type d’occupation, deux facteurs qui ont des conséquences notables sur la qualité de l’air. Ceci dit, si on gère bien le taux d’humidité et la température de l’air, trop de ventilation n’est pas mauvais : c’est comme être trop en santé! D’ailleurs, le Minotair y va séquentiellemennt, en cessant périodiquement l’échange d’air et en recirculant à haute vitesse pour retenir le maximum d’humidité possible en hiver. En été, la thermopompe évacue l’humidité de l’air intérieur et intercepte celle de l’air extérieur. »

Minotair ou mini-split?

Comme un échangeur d’air à thermopompe Boréal 12000 avec réseau de conduits rigides et filtre haute efficacité (HEPA) peut coûter entre 9 000 $ et 10 000 $ installé, certaines personnes préfèrent installer un VRC classique et une thermopompe murale sans conduits (mini-split), plus puissante et plus économe en énergie, le tout revenant moins cher installé. Mais M. Duceppe affirme que le produit de Minotair est plus performant, car il s’agit d’un système centralisé et particulièrement indiqué dans une maison performante dont les besoins de chauffage et de climatisation sont faibles. Comme l’explique son associé Francis Bourcier : « Une thermopompe, c’est un sprinter qui fait 1500 mètres en peu de temps sur le 220 volts, alors que le système Minotair c’est un marathonien qui fonctionne efficacement sur une plus longue période et sur le 110 volts. Le client qui compare les données techniques voit que le Minotair n’est pas plus efficace autour de zéro Celsius, mais il l’est à plus basse et à plus haute température. Comment quantifier économiquement un confort central versus une mini-split qui refroidit rapidement mais localement? Au-delà du bilan énergétique, pour le confort au quotidien dans la plupart options, je crois davantage au Minotair, parce qu’on parle de quatre machines en une : il ventile, filtre, déshumidifie et climatise l’air et, surtout, le distribue partout.  Un VRC jumelé à une murale pousse l’air dans les chambres et tire dans la cuisine et la salle de bain et on installe la murale dans la cuisine ou l’escalier. Donc automatiquement, le VRC aspire l’air refroidi par la thermopompe et l’envoie dehors; les deux travaillent l’un contre l’autre. »  

M. Bourcier avait d’ailleurs un VRC et une thermopompe dans sa maison et il les a éteints pour ensuite brancher et tester l’échangeur d’air à thermopompe Boréal 12000. « Honnêtement, j’ai pu dormir à une température plus chaude en été parce que l’humidité était très bien gérée. J’avais 51 % d’humidité relative à 24 degrés Celsius et normalement, il fallait descendre à 21 °C pour avoir le même taux d’humidité avec la thermopompe. Celle-ci joue seulement sur la température, car elle ne fonctionne pas assez longtemps pour déshumidifier. Francis Bourcier ajoute : « Les gens achètent le Minotair pour le confort, ça ne se vit pas comme un VRC avec une thermopompe murale qui traite l’air localement. C’est encore meilleur, mais ça dépend de la maison, sa résistance thermique, son type de fenêtres, son étanchéité à l’air, les activités qu’on pratique et son orientation solaire. Ce n’est pas conçu pour une femme italienne qui fait de la bouffe tous les jours et qui reçoit 15 personnes la fin de semaine. Elle aura besoin d’un climatiseur plus puissant! »

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