L’école de la vie de Commonwealth Plywood

L’école de la vie de Commonwealth Plywood

 

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Christian Dinel et Danielle Plante poursuivent le programme d’accueil et de soutien aux finissants en design d’intérieur lancé par l’ancien directeur de Commonwealth Plywood, Claude Parent.

Le bâtiment dans lequel je m’apprête à pénétrer n’a rien d’une école, et pourtant, à l’intérieur, des gens de cœur se dédient à instruire une nouvelle génération d’entrepreneurs.

À mon arrivée chez Commonwealth Plywood en ce matin ensoleillé de novembre, c’est Danielle Plante, coordonnatrice aux ventes et à la mise en marché, qui m’accueille. Danielle est celle par qui tout passe ici. Elle tente d’attribuer le mérite du succès du projet qui m’amène à d’autres, mais en réalité, les gallons lui reviennent en grande partie! Je l’ai rencontrée quelques mois plus tôt, lors du lancement officiel de Solstice 10e, un immeuble à condos certifié LEED dans le quartier Limoilou, à Québec. Commonwealth Plywood en fut l’un des principaux fournisseurs de matériaux. Danielle, avec ses yeux lumineux, son sourire engageant et sa poignée de main énergique, a attiré mon attention. C’est à ce moment qu’elle m’a raconté l’histoire d’une petite idée devenue grande…

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Un stand d’exposition au Salon Réno-Déco de Québec, monté par les finissants en design.

Fondée en 1940 à Ste-Thérèse, dans la région de Montréal, Commonwealth Plywood se spécialisait à l’origine dans la fabrication de contreplaqué destiné à l’aviation de guerre. Les bombardiers légers Mosquitos étaient en grande partie construits à partir de ces grandes feuilles de bois. Cette entreprise de produits forestiers complètement intégrée regroupe cinq divisions : Placage, Sciage, Contreplaqué, Plancher et Distribution. Cette dernière compte sept centres de distribution, dont celui de Québec, qui offrent un programme complet et innovateur pour les architectes, les designers, les cuisinistes ainsi que les ébénistes. Le nom et l’image du Husky, ce chien mythique, trône toujours en toile de fond sur les cartes d’affaires des quelques milliers d’employés du groupe.

L’entreprise en est à sa troisième génération de dirigeants de la famille Caine. Bill Caine Jr la dirige aujourd’hui et son père, un homme simple, accessible et humain âgé de plus de 80 ans,  se fait encore un devoir de le conseiller et de visiter régulièrement ses installations à travers le Québec. Ces hommes d’affaires ont appris à bien s’entourer, et accordent toute leur confiance à ceux qu’il a choisi. L’un d’entre eux, Claude Parent, directeur général de la division de Québec jusqu’en 2014, a un jour eu une idée plutôt surprenante : consacrer une partie de ses bureaux à l’éducation!

 

De bons outils de départ

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Le hall d’accueil des clients au studio de design de Commonwealth Plywood.

Ébéniste de formation, dans sa jeunesse M. Parent a dû surmonter nombre de difficultés en tant que petit entrepreneur. En 2010, alors à la tête de quelques dizaines d’employés, il s’est demandé s’il serait possible de faciliter les choses aux générations suivantes. Au second étage du bâtiment de Commonwealth Plywood, situé dans un quartier industriel de Québec, un espace était vacant. Pourquoi ne pas y installer de jeunes finissants en design d’intérieur souhaitant se partir en affaires, afin de leur fournir de bons outils de départ? Un coin atelier et un coin bureau, par exemple, et une expertise fournie par la totalité des 42 employés : comptables, ébénistes, designers, manœuvres, tous mettraient la main à la pâte. Les étudiants n’auraient rien à débourser et seraient soutenus dans toutes les étapes de leur établissement en tant qu’entrepreneurs. Pas de loyer ni d’assurances à payer, pas de couteux matériel à se procurer et ce, pendant deux ans! Un programme de mentorat, en quelque sorte!

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Aire de détente au Salon Réno-Déco accordé par les finissants du studio de design!

En approchant le cégep Garneau et sa faculté de design pour le recrutement des finissants, Claude Parent se doutait bien qu’il aurait des explications à donner et des garanties à fournir! Après tout, la séparation entre le milieu scolaire et le milieu des affaires est souhaitable en tout temps. Il lui faudrait convaincre les académiciens de l’honnêteté et de l’honorabilité de ses intentions. C’est à Maxime Van de Putt qu’il s’est adressé. Responsable du programme Garneau travaille, ce dernier a rapidement réalisé tout le potentiel de la proposition, et l’entente s’est conclue sur une simple poignée de main. Restait à tout mettre en place.

C’est ici que Danielle entre en scène. Alors que dix finissantes se joignent à moi dans la salle de réunion du 2e étage, je comprends toute l’importance de son rôle. C’est à Danielle que Claude a fait confiance pour prendre le relai après la mise en place du programme, en août 2011. Dès 2012, elle s’est impliquée à fond auprès des finissants, devenant leur mentor, leur confidente, leur psychologue, leur deuxième mère! Son sourire engageant et ses yeux lumineux, éléments qui ont éveillé mon attention lors de notre première rencontre, sont toujours bien présents. Son attitude envers « ses » finissants est entièrement désintéressée. Visiblement, elle souhaite que chacun d’entre eux réussisse. Même après leur départ définitif du programme, la plupart des finissants reviennent régulièrement lui rendre visite, pour du soutien, des conseils ou par pure amitié. Plusieurs ont démarré leur petite entreprise, et le travail ne manque pas. Le succès du programme ne fait aucun doute! À la recherche d’une faille, je m’adresse à Catherine Faucher. La jeune femme, qui a quitté le programme en 2014, est maintenant à la tête de Loca Design en compagnie de Laurence Chabot Fradette : « n’y avait-t-il pas un mauvais côté à tout ceci? », lui demandais-je, à demi sérieuse. Sa réponse, rapide et sans équivoque, est approuvée par toutes les autres : « non! ».

Que du bon

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Au Salon Réno-Déco, qui a lieu chaque automne au Centre de Foires de Québec, les stands des finissants en design se suivent mais ne se ressemblent pas!

En 2014, le nouveau directeur général de la division de Québec de Commonwealth Plywood, Christian Dinel, est entré en poste. Danielle n’a eu aucun mal à le convaincre de poursuivre le programme instauré par son prédécesseur. « Je n’y ai vu que du bon », confirme-t-il, très enthousiaste. Christian possède une forte fibre environnementale et est fier de m’informer que 95% des produits vendus chez Commonwealth Plywood sont éligibles pour des points LEED.

Christian refuse de vendre des produits dont la provenance ou la certification ne peuvent être rigoureusement vérifiées. Les normes FSC (Forest Stewardship Council), attestant de la durabilité des pratiques forestières, et CARB (California Air Resources Board), sur les émissions de formaldéhyde, font partie de son vocabulaire quotidien. Dans l’entrepôt de Commonwealth Plywood, les colles de soya sont la norme, la mélamine est presque exclusivement fabriquée de matière recyclée. Plus du deux tiers des matériaux en entreposage sont destinés au marché québécois.

Les petites entreprises en design issues du programme de mentorat de Commonwealth Plywood ont leur entière liberté quant aux recommandations sur la provenance des matériaux qui serviront à réaliser leurs projets. Cependant, le lien tissé avec Commonwealth Plywood et la bonne connaissance des matériaux en inventaire amène les gestionnaires de ces petites entreprises, plus souvent qu’autrement, à diriger le choix des ébénistes vers cette dernière. À prix égal et qualité identique, le choix des designers pour ces matériaux verts est facilité!

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