Cuisines Multiplex : l’écologie main dans la main

Cuisines Multiplex : l’écologie main dans la main

 

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Cuisine ouverte et aérée dans la Petite Italie. © Cuisines Multiplex

Marika Nelson est la « sage-femme » des cuisines écologiques au Québec. Ayant étudié l’architecture durant presque trois ans, l’anthropologie une autre année, et pratiqué le métier de céramiste pendant une décennie, elle compte plusieurs cordes à son arc pour vous aider à concevoir votre cuisine de rêve. Cuisines Multiplex serait, depuis 2011, la première entreprise québécoise à n’offrir que des armoires et autres composantes écologiques. Il s’agit d’ailleurs généralement de la motivation première des clients qui font appel à son expertise. Mais c’est d’abord « le service à échelle humaine » qui fait vibrer cette femme soucieuse des détails et à l’écoute attentive des gens.

« Bien sûr, j’aime le design et le travail de la matière me passionne, mais c’est le facteur humain qui donne tout son sens à mon travail. Le service personnalisé et le suivi de projets cas par cas — on ne fera jamais de la saucisse Hygrade — font notre réputation plus encore que les matériaux écolos. On n’offre pas de clés en main, mais du main dans la main. De la conception jusqu’à l’installation, on s’occupe de tout ce qui concerne la cuisine, et on fait le suivi de près avec les entrepreneurs et le client, y compris les plans d’électricité et les besoins périphériques », explique la vice-présidente de l’entreprise fondée en 1986 par Clément Morissette, père de l’actuel président, son conjoint Martin Morissette.

Son intérêt pour l’anthropologie est bien servi dans ce domaine, dit-elle. « Ce qui m’apporte le plus de plaisir, c’est la rencontre. Découvrir l’univers et le mode de vie propre à chaque maisonnée, qui reflète les goûts et habitudes de chacun. Mon but est de répondre au mieux aux besoins esthétiques et fonctionnels de mes clients, tout en respectant leur budget. Ça représente un défi de création et d’adéquation. La meilleure solution, c’est la meilleure pour eux, tant au point de vue de l’ergonomie que de l’esthétique. Ce qui m’intéresse vraiment : tailler un projet sur mesure et non adapter un standard. C’est toujours un nouveau défi, chacun a sa propre façon de cuisiner, d’habiter; on n’a pas tous les mêmes chorégraphies. »

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« Marika m’a permis de rêver avec elle. C’est quelqu’un d’une gentillesse qui adore les matériaux et qui m’a beaucoup impressionné par son don de voir et de concevoir les choses. J’ai l’impression qu’elle a quadruplé l’espace, c’est beaucoup plus fluide. C’est vraiment le fun d’être accompagné! » – Élise Renaud, Montréal. © Cuisines Multiplex

Marika s’est bâtie une solide équipe pour offrir des produits de qualité : « Comme nous n’avons pas d’usine ou d’atelier, nous faisons appel aux professionnels dont on a besoin en fonction des spécifications, de l’échelle et du budget du projet. J’ai aussi une superbanque d’entrepreneurs vers qui diriger mes clients pour compléter nos services. C’est un gros plus de travailler avec des gens de confiance dont on connait la qualité du travail », dit-elle en précisant qu’elle dessert principalement Montréal et sa périphérie, les Laurentides et les Cantons-de-l’Est.

L’écologie, une conviction

Cette spécialiste n’offre, ce qui est très rare, que des produits écologiques. Elle n’a que rarement besoin de convaincre ses clients de leur bien-fondé. « Comme nous sommes partenaires avec Écohabitation, les gens viennent la plupart du temps vers nous pour cette raison-là; ils nous demandent de confirmer qu’ils sont au bon endroit! »

Chez Cuisines Multiplex, les produits sains, les matériaux et fournisseurs locaux, le recyclage, le compostage ainsi que l’économie d’eau et d’énergie font partie de l’offre standard. « L’écologie, ça fait partie de nos convictions, explique Marika. On pense que si on veut léguer un environnement viable à nos enfants, ce n’est pas demain qu’on doit agir, il faut faire tous les efforts dès aujourd’hui pour choisir des matériaux sains qui voyagent le moins possible et pour faire travailler des gens d’ici. Dans les autres sphères de notre vie, on privilégie le vélo et la marche, on est membres de Communauto, on mange bio et on fait appel à des artisans locaux. C’est une forme d’engagement social. Au début, on était un peu inquiets d’offrir du 100 % écolo, on avait peur de se tirer dans le pied — aurait-on un volume de clientèle suffisant? Mais après cinq ans, la demande est au rendez-vous, c’est indéniable. Je suis assez optimiste : on est rendus là socialement, le mouvement est engagé. »

Cela signifie que sa clientèle a compris — comme la plupart de nos lecteurs — que la qualité et la durabilité ont un prix pleinement justifié. C’est pourquoi elle propose des armoires, comptoirs et autres mobiliers intégrés (bibliothèques, rangement de garde-robes, meubles sur mesure) en panneaux de bois lié sans résine urée-formol. Car, c’est bien connu, cette colle dégage du formaldéhyde cancérogène, irritant et pouvant déclencher de l’hypersensibilité chimique. « Les limites canadiennes pour les émissions de formaldéhyde ne cessent de diminuer. Dans 15 ans, mes clients pourront dire qu’ils ont payé pour une plus-value écologique en se souvenant qu’à l’époque les panneaux polluants étaient encore tolérés. Liés avec une résine de soja, les panneaux de particules NuGreen SOYA d’Uniboard coûtent 70 % plus cher et ajoutent un surcoût d’environ 5 à 10 % sur le prix d’une cuisine, soit au maximum 2 000 $ pour une cuisine qui en vaut 20 000 $. La situation changera sans aucun doute avec l’augmentation des volumes de production… il faut donc les utiliser le plus possible! »

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Cuisine inspirée et conviviale à Bromont. © Cuisines Multiplex

Contreplaqué écolo

Elle offre aussi des caissons en contreplaqué PureBond, de Columbia Forest Products, lié avec une colle de soja. « Nous l’avons utilisé à plusieurs occasions. Quand on veut une cuisine haut de gamme avec un fini bois, c’est le plus souhaitable pour les caissons. Bien sûr que ça s’avère plus cher que la mélamine et le NuGreen SOYA, mais j’ai un faible pour le contreplaqué, car il a une meilleure résistance à l’humidité que le panneau de particules. Le hic, c’est que ça ne peut pas servir à faire des portes d’armoire, puisqu’il y a risque que ça voile. Pour les portes en bois massif, on est contraint au modèle Shaker, encore une fois pour des raisons de stabilité. On offre aussi des portes écologiques au fini stratifié, mélamine, laqué et thermoplastique, ces deux dernières sur support de MDF » [Medium Density Fiberboard] écologique. » 

Elle reconnait que son préjugé favorable envers le contreplaqué est « partagé par certains et pas par d’autres. Je connais plusieurs ébénistes qui aiment le contreplaqué d’amour. Il y a plus qu’une école, chacun a des arguments valables ».

Les produits de finition (laques et vernis) évoluent constamment. Mais les finis qui révèlent toute la beauté du bois, qui sont résistants et 100 % écologiques, sont rares. Marika propose encore des vernis à l’alkyde — qui nécessitent pour les artisans de se protéger des émanations gazeuses — car ils sont plus performants. « J’ai essayé des vernis à l’eau, mais la richesse du bois ne sort pas de la même façon, on sent la pellicule en surface. Les vernis à l’huile mettent le veinage en relief et donnent une profondeur. C’est moins flagrant avec le merisier ou l’érable : un vernis à l’eau sur du PureBond plaqué érable m’a satisfait complètement. Mais sur un placage de noyer que l’on faisait faire pour notre kiosque à la foire Écosphère, mon expert en finition m’a montré la différence entre un vernis à l’eau et un vernis à l’alkyde. J’étais sidérée : le noyer est un fini très nuancé, riche et foncé, qu’un vernis à l’huile met beaucoup plus en valeur. Même chose pour le cerisier, aux riches teintes rougeâtres et qui a beaucoup de variations. »

Marika dit craindre moins qu’autrefois de recommander un vernis à l’alkyde. « Ça sent fort à l’application, mais c’est seulement pour les travailleurs que ça peut être nocif. Une fois appliqué, il n’y a plus d’émanations dans l’environnement. Et depuis une dizaine d’années, le niveau de protection a beaucoup évolué, la majorité des ateliers ont des supersystèmes de ventilation et les ouvriers exposés travaillent avec un masque. »

Ceci dit, elle est très heureuse si un client préfère les huiles naturelles. « J’aime beaucoup les huiles. Ça demande juste plus d’amour et un entretien ponctuel au fil du temps. On m’a expliqué que dans le domaine résidentiel, il faut initialement donner une nouvelle couche aux deux à cinq ans, selon l’usure. Au fil du temps, le bois se sature d’huile et demande moins d’entretien. »

Le service avant tout

Mais en fin de compte, peu importe le fini ou le matériau recherché, Marika pourra élaborer le concept et trouver les fournisseurs qui conviendront le mieux à vos besoins. Elle sait trop bien combien les gens qui magasinent un prix peuvent se faire avoir. « Il faut prendre le temps d’établir un vrai contact avec les artisans avec qui on fait affaire. Il faut être curieux et demander : ” Vous faites ça comment? “, ” Quelle matière utilisez-vous “? et “Quelles sont les étapes à prévoir?”. Il ne faut pas hésiter à se questionner et à questionner. Ça nous garde d’ailleurs à l’affut, des clients bien informés. Des fois les questions sont tellement pointues qu’on ne sait pas quoi répondre et je leur dit : “Je suis obligée de vous revenir.” Alors au moment où ils font leur choix, ils sont beaucoup plus affirmatifs et confiants. Les gens qui nous choisissent savent qu’ils sont venus au bon endroit. »

cuisinesmultiplex.com

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