L’abc du chanvre coffré (réservé)

1-32 chanvre ndm ext

La maison telle qu’elle apparaît aujourd’hui. Photos : Ronald Cameron

À l’été 2006, Micheline Dupuis et Ronald Cameron décident de se bâtir une maison isolée en chanvre, en autoconstruction avec leurs proches et le soutien du pionnier québécois en la matière, l’artisan Gabriel Gauthier d’ArtCan. Ils ont accepté de témoigner de l’aventure de cette première maison entièrement isolée en chanvre et d’aborder les leçons de ce chantier qui s’est étiré sur une décennie.

(Version intégrale de l’article publié dans notre numéro du Printemps 2017)

Au début des années 2000, Micheline et Ronald ont participé au tirage au sort de terrain de villégiature du ministère québécois des Ressources naturelles. C’est ainsi que ces abonnés de longue date à La Maison du 21e siècle ont pu acquérir un beau terrain boisé au bord du lac Galipault, à Notre-Dame-de-la-Merci dans Lanaudière. Surpris de cette chance, les voilà en route pour un projet auquel ils ne s’attendaient pas, mais qu’ils ont voulu respectueux de la nature : une maison isolée au chanvre, bâtie avec la participation de parents et amis.

Micheline -

Micheline Dupuis.

« Comme on a eu la chance d’acheter un terrain des terres publiques qui diminuait le coût de départ et étant donné l’importance de l’investissement dans une construction neuve, on a choisi de faire une maison durable, comme on s’engageait dans l’autoconstruction, explique Ronald. Dans notre situation, une telle approche en chanvre nous est apparue plus accessible que d’autres options plus dispendieuses ou plus exigeantes en temps, en organisation et au plan technique. La construction en ballots de paille était intéressante, mais on a trouvé attrayant des murs de 11 pouces, à mi-chemin entre ceux en paille et ceux traditionnels de six pouces. On a tout de même des bords de fenêtre de 10-12 po avec des moulures en pin, utilisés comme des tablettes. »

2-33 chanvre ndm mur enfants

Famille et amis se sont mis de la partie!

« On voulait quelque chose qui nous ressemble, poursuit Micheline. Quand on a lu l’article sur les maisons en chanvre dans la revue [volume 13 numéro 1, d’hiver 2006], on a été bien impressionnés. Il n’y avait pas beaucoup de ces maisons à ce moment. C’était un nouveau créneau porté par des jeunes. Ça ouvrait un nouveau champ d’action au niveau environnemental, en réponse à des questions qui nous préoccupaient.»

Une maison abordable

Tous deux, jeunes cinquantenaires, impliqués par ailleurs au plan social, Micheline et Ronald ont voulu s’engager dans un projet de maison de campagne modeste (deux chambres), chaleureuse, qui serait saine, écologique et qui inclurait une production énergétique autonome, avec des panneaux solaires. Or, étant donné les exigences du projet et l’accessibilité du réseau électrique, ils ont remis à plus tard l’aspect solaire et opté pour une petite surface d’environ 1 000 pi2 (100 m2) avec mezzanine et sur dalle radiante. Celle-ci est isolée au polystyrène et alimentée en eau chaude par une chaudière électrique.

chanvre ndm cuisineLe résultat final est charmant : le crépi blanc à base de chaux se marie superbement aux nombreux finis de bois québécois (pin, épinette, merisier, érable, pruche, chêne). « Les seuls éléments qui ne sont pas naturels sont les armoires de cuisine en stratifié, dit Micheline. On était tannés, on avait hâte de finir ». Très heureux du résultat, ils recommandent l’aventure de l’autoconstruction en chanvre sans hésitation. « Ce fut une très belle expérience avec parents et amis », ajoute Micheline.

S’appuyer sur les ressources locales

Ils ont opté pour une maison à aires ouvertes, sans aucun gypse, bâtie le plus possible avec l’aide de leurs proches et de fournisseurs locaux. « On n’a pas cherché la reconnaissance par certification, mais les matériaux viennent de la région, notamment de scieries de Saint-Côme et de Saint-Jean-de-Matha, pour le cèdre du Québec et le pin rouge, et de commerces de Saint-Donat et d’Entrelacs, notamment la quincaillerie Rona Réal Riopel.

4-33 guitare (option medaillon?)

Le chanvre n’a été laissé apparent que sous une fenêtre à l’étage.

Un ami menuisier, Serge Coiteux, a été important dans tout le chantier, mais en particulier pour monter l’ossature en 15 jours, selon le guide de la SCHL [Société canadienne d’hypothèques et de logement] Construction de maison à ossature de bois. Des montants 2×4 suffisent pour la structure pour les murs en chanvre. La cheminée, la dalle sur sol et le toit en bardeau cèdre ont été réalisés avec l’aide de Christian Bélanger, de RD Habitation de Notre-Dame-de-la-Merci! « Nous trouvions la maison trop sombre avec ses débords de toit. Avec une scie à chaîne, ce n’était pas long pour lui de refaire la charpente du toit pour y prévoir deux puits de lumière », indique Ronald.

Construire en chanvre coffré

La partie chanvre fut réalisée sous la responsabilité de Gabriel Gauthier qu’ils ont d’abord connu en lisant La Maison du 21e siècle. Il a fallu deux semaines pour ériger la structure en bois (souvent récupéré), et cinq semaines pour réaliser les murs R-20 et le toit chanvre ndm sous toitR-30 en chanvre qu’on ne pouvait trouver qu’en Ontario à l’époque. Jusqu’à huit personnes ont travaillé à la fois pour remplir le coffrage du mortier de chanvre et poser du chanvre en vrac retenu par le bois de clouage et des nattes de laine de roche dans la toiture pentue. « Nous aurions préféré les normes d’aujourd’hui, R-25 et R-40, mais nous allons probablement améliorer les choses au niveau du toit », dit Ronald. « C’était le dixième projet de mur de chanvre coffré extérieur au Canada sur lequel j’ai apporté mon expertise et la première résidence unifamiliale ayant les murs et la toiture isolée en chanvre, explique Gabriel. Il y avait eu avant ça un agrandissement faite de cette manière. La maison de France Delisle, partiellement rénovée (trois murs de 8 po) avec Cyril Gallant en 1998, fut le premier projet québécois à faire la démonstration du mur de chanvre coffré à l’extérieur. Tous les matériaux avaient été importés de la France (Isochanvre) et la technique est un peu différente de celles que j’ai développées et adaptées pour ici. Les résultats sont très bons; c’est facile à chauffer et très confortable comme les autres maisons de chanvre avec des murs plus épais. »

Un chantier en chanvre coffré exige beaucoup de planification en amont, insiste Ronald. « Comme le matériau durcit, tout doit être prévu, tout comme pour la dalle au sol : la plomberie, la position des accessoires et des équipements, l’électricité, même les armoires pour assurer le clouage par la suite. Avec les conseils de l’électricien du coin, on a passé des tuyaux de plastique dans les murs avant le coffrage, étant donné que la chaux est corrosive. On permet ainsi d’isoler les fils du mortier de chanvre et chaux. Gabriel et son partenaire se chargeaient de poser les coffrages et, par la suite, on versait et compactait le béton léger de chanvre avec celles et ceux venus nous aider. Ce mortier léger a l’air d’une salade de thon. On prend une fourche pour tasser le mélange à la main. C’est un travail laborieux, surtout dans les coins. Il ne faut pas trop le tasser, juste assez. Une fois séché, c’est comme un liège, assez résistant pour fixer des cadres, mais pas suffisamment pour accrocher des armoires — il faut prévoir le clouage ou trouver les montants noyés dans le chanvre. »

chanvre ndm beton coffreLe chanvre coffré (résistance thermique : R-2,1 au pouce) a aussi l’avantage d’être une masse thermique à laquelle contribue également son crépi. En effet, les murs et plafonds stockent la chaleur ou la fraicheur ainsi que l’humidité de l’air et en restituent une partie dans l’air intérieur, contrairement aux murs en béton ou autres matériaux massifs recouverts de gypse et de matériaux plastiques. Si, en climat froid, cet effet d’inertie thermique procure des économies d’énergie négligeables, car le chaud va toujours vers le froid, une enveloppe massive et étanche augmente toutefois le confort des occupants à longueur d’année.

Béton de chanvre 101

L'artisan Gabriel Gauthier.

L’artisan Gabriel Gauthier.

Formé en France pendant trois ans, Gabriel Gauthier d’ArtCan est le premier constructeur québécois spécialiste de la construction en béton de chanvre. Depuis 2004, il a contribué à ériger une trentaine de ces maisons à titre d’expert des murs en chanvre coffré inspiré du béton romain. Il réalise actuellement une autre première québécoise : la rénovation d’une église pour la ville de Saint-Jean-sur-Richelieu, en chanvre projeté (sans coffrage) avec une finition chaux et chanvre. 

La technique du chanvre coffré débute avec l’érection d’un coffrage de contreplaqués temporaires espacés par des cales vissées aux montants en 2×4. On y verse ensuite un mélange contenant environ 20 % d’eau et divers matériaux secs : à 75 % de la chènevotte, l’intérieur de la tige du chanvre, liée à parts égales avec du plâtre de Paris (du gypse pur) et de la chaux aérienne, et d’un peu de terre cuite broyée comme catalyseur. « C’était la recette la plus couramment utilisée à l’époque [2006], dit Gabriel, mais je n’utilise plus de plâtre car il est plus sensible aux moisissures de surface durant la période de séchage. »

artcan cuisine

Une cuisine réalisée par ArtCan.

Une ossature en bois est requise pour répondre aux besoins structurels du bâtiment car ce biobéton isolant n’est pas porteur. « On peut la voir comme l’armature dans le béton. La méthode de mise en oeuvre est simple. On verse le mélange de chanvre par doses constantes dans les coffrages puis ensuite on place et compacte cette matière pour rapprocher les particules et assurer la cohésion. C’est ainsi que les maisons de chanvre sont tissées à la main. Les ponts thermiques sont éliminés en noyant l’ossature d’au moins 2 pouces de béton de chanvre. Lorsqu’on fait une coque végétale monolithique avec des plafonds cathédrale en chanvre, les murs sont réalisés avant d’assurer la continuité de l’étanchéité avec la toiture. On installe des bâches afin de bien protéger l’ouvrage des éléments.  »

Gabriel Gauthier estime les coûts directs à environ 15 $ par pi2 de mur coffré de 12 pouces (30 cm). Ce prix comprend les matériaux et l’assistance technique, mais exclut l’ossature et la finition. À ce coût, l’autoconstructeur doit ajouter une équipe de trois à cinq personnes minimum pour réaliser entre 150 et 250 pi2 de mur par journée de 9 heures. « Plus la maison est haute, plus le rythme de mise en œuvre diminue, précise-t-il. Souvent, des corvées en plus grands nombres permettent de réduire le temps des travaux et lPréa facture finale. Les murs extérieurs peuvent être recouverts de bois. Il est important de sceller les murs au préalable avec une couche d’enduit à la chaux qui a la fonction de pare-air. » Les enduits de finition à la chaux, réalisés clés en main par les équipes de Gabriel Gauthier, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur, coûtent entre 7 $ et 15 $ par pi2.

Les premières Règles professionnelles d’exécution d’ouvrages en béton et mortier de chanvre ont été publiées en France en 2007 grâce à l’appui de l’École nationale des travaux publics de l’État (ENTPE).

Une maison qui « respire »

3-33 (option 1) chanvre ndm Mezzanine

Deux lanterneaux ont été ajoutés pour augmenter l’éclairage naturel.

Une maison de chanvre est naturellement saine car elle ne contient pas de matériaux polluants et elle diffuse les surplus d’humidité à travers ses murs « perspirants ». « Un installateur et vendeur d’échangeur d’air a rebroussé chemin en avouant que notre maison n’avait pas besoin de ventilation mécanique centrale, parce que le chanvre et la chaux gèrent suffisamment bien l’humidité, dit Ronald. On ventile en ouvrant les portes et fenêtres et c’est toujours confortable parce que les masses (dalle et crépis) captent et conservent la chaleur en hiver ou la fraîcheur en été plus longtemps. De plus, le chanvre procure une isolation acoustique très importante. Ça crée une atmosphère intérieure sourde, encore plus avec la neige : on entend très peu les bruits extérieurs. »

Micheline mentionne deux autres avantages du crépi de chaux  : « nous n’avons plus à peinturer les murs! C’est beau, le crépi et ça vieillit bien. » Aussi, comme la chaux est réputée éloigner les animaux et les insectes, Ronald ajoute : « on n’en a pas eu beaucoup, car les souris ne peuvent entrer que par la grande porte! »

chanvre ndm toit cedre aout 2006

Le toit de cèdre fraîchement posé, bien avant le crépi blanc des murs où le chanvre coffré est encore apparent.

Ils aiment beaucoup l’apparence de leur maison blanche vêtue de cèdre à l’extérieur, sur la toiture, les murs extérieurs, sous les débords de toit et sur les pignons. « Le bois est tellement agréable et en plus, et comme il se sable, on peut le corriger. On est assez contents. Ça fait maison québécoise et petit look européen », dit Ronald. « Avec son débord de toit de quatre pieds tout le tour de la maison, ça lui fait un superbe chapeau avec le bardeau de cèdre rouge de l’Ouest. Il était tellement beau au début, mais il est encore très beau en grisonnant. Il change de couleur avec les saisons »,  ajoute Micheline.

Au cours de la décennie, ils ont ajouté une terrasse en cèdre et quelques dépendances avec la récupération de bois. Les soffites et les cadrages extérieurs sont finis à l’huile naturelle du fabricant allemand Livos, alors que les dépendances sont huilées à l’Extraleum, produit fabriqué par Distribution L’abeille (anciennement Les artisans du meuble québécois).

chanvre ndm isol vrac

Pose du chanvre en vrac dans la toiture.

Pour maximiser l’éclairage naturel, ils ont posé les mêmes fenêtres américaines Intégrity, de Marvin, en bois avec fini extérieur en fibre de verre. « Comme elles sont basses et que la maison est au niveau du sol, nous avons réussi à intégrer notre habitation dans la nature », dit Ronald.

Petits pépins

Ce genre de projet présente toujours des défis techniques et humains. Nos hôtes soulignent d’ailleurs l’importance de laisser vieillir la maison quelques temps pour la laisser travailler, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur. Pour la finition extérieure, terminée seulement à l’été 2016, ils ont dû nettoyer (ou sabler?) le bois noirci avant d’appliquer une huile naturelle qui lui donne son allure définitive. Ainsi, depuis l’application de la deuxième couche de crépi, en 2015, et de l’huile Livos sur les parures extérieures, en 2016, la propriété s’est refaite une beauté.

chanvre ndm glacons

Ces glaçons sont causés par les câbles chauffants sur la toiture et non par des pertes de chaleur (la maison est bien isolée)!

Parmi les autres problèmes rencontrés, on retrouve un classique : deux lanterneaux ont fui en 2008. « On avait reçu beaucoup de neige, jusqu’à cinq pieds, beaucoup de toits ont défoncé cette année là!, dit Ronald. L’accumulation de glace était tellement grande qu’elle a fait un barrage autour des puits de lumière et l’eau s’est infiltrée. C’est toujours un casse-tête dans notre climat. Ça nous a pris plusieurs mois pour trouver un fil chauffant adapté pour les toitures de bois. Nous n’avons rien trouvé d’autre qu’un produit américain abordable, Easy Heat, adapté aux bardeaux de cèdre. Il permet de faire fondre la glace sans risque de feu… et ça fait de superbes glaçons en hiver! »

5-34 Ronald Cameron copie

Ronald Cameron.

Par ailleurs, Micheline mentionne que faire affaire avec des gens localement demeure incontournable. La conception des débords de toit en a d’ailleurs bénéficié. Les architectes Duchesneaux et McComber de Montréal ont conçu un projet de maison modeste, avec un superbe chapeau aux débords de quatre pieds sans poteau. Elle indique toutefois avoir validé la commande des fermes de toit avec le fournisseur de bois, Rona Réal Riopel. « Notre région présente des précipitations de neige peu commune. Comme responsables de chantiers, nous l’avons consulté pour s’assurer que les fermes des débords de toit soutiennent l’abondante quantité de neige qui tombe dans la région. Ses conseils ont été essentiels. »

Autre problème : il fallait s’assurer du séchage du chanvre. « Comme nous avions des obligations professionnelles, nous avons fermé la maison au mois d’août pour retourner au travail, explique Ronald. Nous avons cru qu’une semaine ou deux ne serait pas dramatique. Or, il restait encore de l’humidité dans le chanvre qui semblait sec alors qu’on a fermé la maison en posant les portes et fenêtres, ce qui a occasionné ce problème. Gabriel nous a offert son appui le plus complet. Il a fallu brosser et sabler certaines surfaces affectées par de la moisissure, plus particulièrement les endroits moins compactés, puis réparer avec de l’enduit de chanvre avant d’appliquer de la chaux liquide. Malheureusement, cela nous a empêché de laisser un mur de chanvre brut pleine grandeur, ce qui aurait été très beau. Idéalement, il aurait fallu laisser les fenêtres ouvertes ou utiliser un déshumidificateur. Même si une maison de chanvre, ça se monte en cinq semaines, on ne peut pas faire l’économie de l’assèchement! » « Idéalement, recommande Gabriel, il faut terminer le béton de chanvre assez tôt dans la saison pour ventiler naturellement durant trois mois, voire chauffer et déshumidifier lorsque nécessaire. »

chanvre ndm crepi oct 2006-10 Action graces 269

Pose de la première couche de crépi.

Leçons tirées avec les années

Comme toute maison, celle en chanvre doit être finie selon les règles de l’art, explique Ronald. « Comme nous n’avons pu appliquer avant 2015 la deuxième couche de crépi recommandée par Gabriel, la première a fendillé à quelques endroits. Nous corrigions les fissures au fur et à mesure de leur apparition. Ça nous a pris du temps avant de terminer l’extérieur de la maison, elle avait un air rapiécé, mais elle a fière allure maintenant avec la deuxième couche qui couvre le tout. On a laissé les murs blancs à l’intérieur, mais à l’extérieur on leur a donné une petite teinte colorée qui améliore l’apparence globale. »

Et comment se comportent les autres finis? « L’huile Livos est plus dispendieuse, certes, mais elle est vraiment extraordinaire, ajoute Ronald. Elle pénètre et scelle bien le bois, les couleurs sont agréables et on nous dit que l’entretien est sans souci, et que c’est facile à retoucher si nécessaire par la suite. À l’intérieur, nous avons aussi utilisé l’huile des Artisans Parcoleum sur les planchers de la mezzanine en pin rouge, sans avoir eu besoin de les huiler à nouveau depuis dix ans. Mais comparativement à l’Extraleum appliquée sur les dépendances, l’huile de Livos agit avec plus d’efficacité pour sceller le bois, en particulier à l’extérieur. »

Somme toute, Ronald et Micheline ont réalisé leur projet avec des matériaux naturels qui sont sains, écologiques et durables. « Au début des années 2000, jamais on n’aurait cru entreprendre un projet en développement durable pour une résidence, avec une autoconstruction en chanvre, dit Ronald. Au niveau de sa taille, elle correspond parfaitement à ce que nous souhaitions. Avoir eu les moyens, nous aurions préféré disposer de plus de rangement, d’une salle mécanique plus importante, d’une chambre fermée plus spacieuse ou carrément d’une serre. On verra dans le futur, car nous avons prévu que la maison puisse encore évoluer! »

Au bout du compte, ce petit havre de paix dont profitent famille et amis leur aura coûté moins de 150 000 $, incluant l’excavation, le puits et l’installation septique, mais sans compter le prix du terrain, ni la généreuse contribution de celles et ceux qui ont plongé dans l’aventure avec eux. Micheline conclut : « Nous leur serons toujours reconnaissants et nous avons souligné le 10e anniversaire avec eux l’automne dernier ». La preuve est ainsi faite, concluent le couple, qu’il est possible de construire écolo sans vider son portefeuille.

Vidéos :

Entrevue sur le chanvre avec Gabriel Gauthier d’ArtCan

Vidéo d’ArtCan

Vidéos du chantier Dupuis-Cameron

 

Principaux fournisseurs

Duchesneau & McComber, Architectes, Montréal

Gabriel Gauthier, Artcan, Shefford 

Christian Bélanger, Notre-Dame-de-la-Merci

Alain Ayotte et sa famille, Centre des pompes/H2O, St-Donat

Réal Riopel et sa famille, Quincaillerie Réal Riopel, Entrelacs

Claude Rondeau, électricien, Notre-Dame-de-la-Merci

Bois Ga-my, Saint-Jean-de-Matha

Vous aimeriez aussi
En kiosque : printemps 2017
L’autoconstruction en paille selon Kate Alvo (réservé)
Autoconstruction : conseils pratiques (réservé)
Première nord-américaine : enfin des nattes de chanvre québécois

Laisser un commentaire