Comment sauver nos noyaux villageois?

 
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Située au 595, boulevard Marie-Victorin à Boucherville, cette magnifique demeure d’inspiration victorienne, également dite vernaculaire américaine, fut construite vers 1895 par la famille Germain qui habitait la maison de pierres, sa voisine du côté est.

Située au 595, boulevard Marie-Victorin à Boucherville, cette magnifique demeure d’inspiration victorienne, également dite vernaculaire américaine, fut construite vers 1895 par la famille Germain qui habitait la maison de pierres, sa voisine du côté est. © Société du Patrimoine de Boucherville

Merci à Florence Junca-Adenot de nous avoir transmis ce texte de Madeleine Parenteau, présidente de la Société du Patrimoine de Boucherville.

Dans le cadre des fêtes de son 350e anniversaire de fondation, Boucherville accueillait le 17 mars dernier, un séminaire régional organisé par la Chaire de recherche du Canada en patrimoine urbain basée à l’UQAM, portant sur le destin des  noyaux villageois anciens. Cette activité impliquait aussi le Groupe interuniversitaire de recherche sur les paysages de la patrimonialisation, la ville et les identités urbaines (PARVI) avec la collaboration de Boucherville et de la Corporation des Fêtes 2017.

Le sujet est d’actualité. La problématique des noyaux villageois anciens est généralisée dans tout le Québec et les interventions pour sauver ces joyaux sont urgents. Les panélistes étaient renseignés, éloquents et convaincants et ont pu mettre en valeur les actions prises dans quelques villes et municipalités de la province pour consolider, revitaliser et mettre en valeur leur patrimoine bâti. Boucherville, Sainte-Rose, Saint-Eustache Papineauville, Coaticook et Deschambault-Grondines ont tour à tour présenté les gestes posés chez eux.

Chacune de ces villes présente à la fois des situations et des solutions différentes, mais les grands principes de base sont les mêmes pour tous.

Exemples d’actions et de politiques

Boucherville s’est doté d’un plan d’urbanisme strict, d’aide financière à la restauration et a fourni l’assistance  d’architectes. La Ville a crée un organisme voué à la protection, la restauration, et la mise en valeur de son patrimoine architectural, culturel et naturel. Elle a fait la demande de déclarer arrondissement historique son vieux Village.

Papineauville doit composer avec une superficie très vaste et surtout verte! Les propriétaires recherchent des matériaux durables et  surtout faciles d’entretien. L’urbaniste a un travail immense à faire. Il doit d’abord faire ressortir la beauté du bois et autres matériaux nobles et ensuite convaincre les propriétaires de les préférer au vinyl et à l’aluminium.

St-Eustache et Ste-Rose ont répertorié les constructions anciennes. Elles ont fait la promotion de leur valeur patrimoniale et sensibilisé les citoyens à en prendre soin. Elles ont créé des zones de protection et de mises en valeur, encouragé les commerces et les initiatives artistiques.

Coaticook, poussée par le succès du spectacle touristique unique du parc de la Gorge intitulé Foresta lumina, et désireuse d’y collaborer, a revitalisé sa rue principale, fait de l’éducation maison par maison. Elle a suggéré des plans de restauration, soutenu les initiatives, donné des avantages fiscaux. La vitalité de ce joyau villageois déborde dans les villes avoisinantes.

Pour sa part, jouissant de finances en santé, la municipalité de Deschambault-Grondines, a pris les grands moyens en se portant acquéreur d’édifices à valeur patrimoniale, pour les remettre au service des citoyens. Elle est un modèle de protection et de mise en valeur. Elle en avait les moyens… Elle y a ajouté la volonté. Un autre joyau à découvrir.

Plusieurs  de ces municipalités ont reçu l’appui du réseau Fondation rues principales. Une fondation qui peut apporter aux villes et villages une aide et une expertise efficace dans ce travail d’éducation et de réalisations.

Conclusions

Quelque soit les recettes employées pour revitaliser nos villages, de grands principes sont ressortis de ce séminaire.

Il faut d’abord sensibiliser la population. Lui faire comprendre la beauté et l’importance de son patrimoine, toute la richesse de son histoire, et tout le respect dû au travail de leurs ancêtres.  Cette population devient alors une alliée convaincue et convaincante, une force d’entraînement plutôt qu’un poids à supporter.

Aussi, les villes doivent se doter d’un plan d’urbanisme visant à protéger et mettre en valeur le patrimoine architectural, créer chez les propriétaires un sentiment d’appartenance au milieu, faire naître un sentiment de fierté à conserver le patrimoine, soutenir les travaux de restaurations par des incitations fiscales, des aides techniques, encourager les initiatives artistiques, culturelles et économiques.

L’expérience démontre que dans chaque municipalité, chaque village, où les  rues ont été revitalisées, et  les édifices anciens bien restaurés, l’effet bénéfique sur la vie culturelle et économique est sans équivoque

Fred Pellerin, qui a revitalisé son village de St-Élie-de-Caxton, disait « qu’il faut tout un village pour faire un enfant’ ». Le séminaire nous amène à conclure « qu’il faut toute une population pour faire un village. »

Sauver ces joyaux villageois, c’est redonner au Québec la beauté de sa courtepointe rurale.

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